au frais des mots

Cinq doigts trop lourds d'avoir tant caressé

Délicatement pliés au creux de la toile

L'homme repose à mes côtés

 

Ses paupières violettes de soleil sont closes

Sa peau rugueuse et plissée raconte les voyages

Les longues traversées et les plongées profondes

 

Attentive et silencieuse j'observe les traces lumineuses

Corps en nage - nouveau né encore mal tempéré-

Je vois l'enfant des photographies qu'on m'a confiées

 

Les petits cheveux mouillés et le ventre si doux

Ses cuisses longues et minces, dures et volontaires

Sont ouvertes à la nuit qui vient de l'accueillir

 

Et m'a laissée seule à ses côtés abandonnée

Sentiment paradoxal

13 août 2007

Ven 4 jan 2008 1 commentaire
De la très belle poésie! "Abandonnés, les vélos se mettent à rouiller du noir " : ce vers est superbe.
Karine - le 09/02/2008 à 01h31