au frais des mots

La vie c'est comme une plaque de métal dans le dos, glissée entre la chemise et la peau.

Au moment du départ il faut juste accepter l'idée qu'on va vous la retirer. C'est comme chez le docteur, faut pas se contracter, faut y mettre de la bonne volonté.

Au moment où un sac plastique vous étouffe et qu'on vous inonde d'un litre de whisky pour faire croire à une odieuse mascarade, à quoi peut-on penser ?

Je vois des yeux exorbités, ou étonnés… mais qu'importe, je ne le saurai jamais.

 

La vie c'est comme un souffle chaud qui vous glisse dans le cou.

Au moment du départ, il faut juste fermer les yeux très fort et inspirer une dernière fois pour en garder l'odeur.

Au moment où la coque du bateau censé venir vous sauver de la chute que vous venez de faire (parce que ce jour là, pressé, vous n'avez pas mis votre gilet de sécurité) – vient vous fracasser une dernière fois la tête, à quoi peut-on penser ?

Je vois des yeux effarés, ou désemparés… mais qu'importe, je ne le saurai jamais.

 
La vie c'est comme un vieux livre dont on tournerait indéfiniment les pages. Au moment du départ, on n'en a plus besoin, on le connaît par cœur, il faut juste accepter de le poser sur une petite table en sapin.

16 août 2007

Mer 6 mai 2009 6 commentaires
J'ai commencé la découverte de ton blog par ce superbe texte poétique aux images fortes et dont la puissance évocatrice résonne longtemps en soi. Un style précis, des phrases qui s'enchainent avec facilité, une musicalité oscillant entre gravité et légèreté. merci.
Patrick - le 04/01/2008 à 13h51
je ne connaissais pas celui -là; (Comme quoi je devrais venir farfouiller plus souvent au fond de ton placard !)
poignant.
caro - le 07/05/2009 à 11h01
M'ci. Caro. Je t'avais envoyé un email pour un coup de fil.. tu ne l'as pas reçu ? à plus tard.
Soleildebrousse
je t'aime beaucoup dans ce registre, c'est très poignant, ça fait mouche.
stipe - le 07/05/2009 à 14h41
Donc, tu aimes moins le reste ? c'est vrai que je n'aime pas trop moi non plus. Surtout les artifices.
Merci d'être passé.
Soleildebrousse
Joli texte. Bravo.
Ph. Elmette
Ph. Elmette - le 08/05/2009 à 09h39
Un "bravo" sur la souffrance ? bizarre non ? je crois que "joli" c'est encore pire.. mais ça doit être chez moi comme de l'orgueil... oublions, oublions... je sais que ça ne peut pas être volontaire. Quand je me prends au sérieux, je suis à battre... désolée.
Soleildebrousse
C'est noir et très beau. Comme tu le dis si bien, au moment du départ, il n'y a plus rien à faire ni à dire. J'ai écris aussi là dessus mais d'une autre façon et à deux reprises sur mon blog "aujourd'hui, sur la banquise" et "poème à ma fille".
Tes mots sont très bien choisis.
Amitiés Mirélie
Michèle - le 09/05/2009 à 23h39
Bonjour, sois la bienvenue. Je suis allée sur ton blog. Il n'y a pas de mots pour ça, mais ta démarche est sûrement la bonne. Je te souhaite encore et beaucoup de courage.
Soleildebrousse
L'image du livre sur la boîte en sapin. Très fort.
Maximus - le 21/05/2009 à 23h49
Salut Bob... oui, ça se faisait beaucoup à une époque.
Soleildebrousse