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La nature se maintient retournée comme un gant et reste repliée sur elle-même. Le printemps se fait attendre Il est presque six heures. Un chien aboie. Les branches chevrotantes des rosiers abandonnés semblent me faire des signes désespérés. Je détourne le regard. On a oublié de les couper. J’y remédierai demain. Mon esprit vagabonde et se perd dans les mottes légèrement jaunies qui vallonnent la terre grumeleuse de cette fin d’hiver. Au-dessus du sol  jonché de feuilles mortes, quelques volées sombres zèbrent soudain l’empan de ma fenêtre. Je lève la tête. Je suis les courbes sinusoïdales. Parfois,  les mouettes s’appuient sur l’air glacial et percutent le ciel de plein fouet. Elles seules savent où elles vont. La tempête est annoncée pour demain. Les oiseaux rentrent en terres.

Au haut du jeune platane, des dizaines de sphères rugueuses, akènes tremblotants, sont comme autant de lumières éteintes. Je refuse de lui couper la tête. Nous sommes en période de paix et j’ai décidé qu’il pouvait prendre toute la place. Nous ne sommes pas éternels. Ceux qui viendront ici après nous feront leurs propres affaires. Je souris. Les taupes ont fait du jardin leur champ de bataille. Combien ont pointé leur museau crénelé de terreau pour savoir si nous étions rentrés ?

Vendredi 20 novembre 2009 5 20 /11 /Nov /2009 19:09

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