Au poignet, au plus près de la peau, la montre tressaille emportée par le souffle. On entend une respiration pénible. C’est une succession de lentes inspirations et d’expirations douloureuses. Ça traverse la pièce. Les yeux de la bête se plaquent contre les murs. À voir ce qu’il ne peut voir. À sentir ce qu’il ne peut sentir. Le cou sursaute, tendu vers l’invisible. Voyage à sens unique. La main de l’ami se crispe dans la douce chaleur. Quelques minutes encore et voilà qu’une serviette éponge masque la réalité. L’homme presse les doigts et cherche à ranimer ce qui ne peut l’être. C’est une dernière embrassade, une franche camaraderie laissée en suspens, le temps d’un tour qui se poursuit à une seule aiguille. La ronde des souvenirs se met en branle. Et c’est gai. Alors, il refoule les larmes, et active le ressort de sa mémoire.

Mercredi 7 janvier 2009 3 07 /01 /2009 15:13

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