Ceci est un vieux texte. Mais c'est un texte que j'aime bien pour un tas de raisons... il se trouve également qu'en le rééditant pour mémoire, il me rappelle à l'ordre, dans un certain sens.

L'ordre de la réalité ou comme dirait l'autre - à son "principe"-.

 


Voici donc le texte :


Hier j'ai reçu un message qui était entrecoupé d'une image. Elle faisait signe. Un peu plus bas, dans le corps du texte, un deuxième signe apparaissait. Alors j'ai pensé ça :
Les messages entrecoupés. Images. Références. Allusions.


et puis j'ai écrit ça....
Il y avait un lien. Je l'envoyais dès lors dans l'espace.

"Elle a longtemps utilisé ICQ. Ce dernier lui semblait avoir le mérite d’afficher en temps réel ce que chacun était en train d’écrire. Une conversation à part entière, simple, naturelle, économique. Elle ne sait pas si c’est encore ainsi. Cela remonte à longtemps. A ses débuts, les yeux fixés sur le noir de l’écran, elle n’y avait pas accordé une véritable attention. Elle regardait d’un air vague s’afficher les mots, les phrases, attendant dans sa globalité le propos. Étonnée, elle avait peu à peu réalisé que le procédé lui permettait de suivre  le cheminement de pensée de son interlocuteur invisible. Cela relevait parfois de la fascination.. Alors que les uns et les autres continuaient à s’apprivoiser, elle a commencé à observer plus attentivement, cherchant à décoder ce que les mots seuls ne disaient pas. Les caractères s’affichaient petit à petit,  mais voilà que les mots avant même d’être écrits dans leur intégralité disparaissaient.  Entêtée, elle s’accrochait au curseur qui repartait dans les prémisses même de l’affirmation. Le noir sur la page devenait silence et réflexion. Elle attendait. L’autre hésitait. Cela lui donnait l’impression vertigineuse d’être enfin  au plus proche de l’intime. Du moi de l’autre. Intérieur étrange auquel personne n’a jamais accès. Parfois même pas soi-même. Toutefois, consciente des limites de son raisonnement, elle n’avait jamais oser émettre l’hypothèse que cela pouvait concerner la pensée tout court. Autour d’elle, elle avait cherché à partager sa découverte mais il lui était très difficile de transcrire une pareille sensation. Les déroulements, les enroulements de ce qui se passait là sur l’écran. C’est quand elle a, elle-même, commencé à tricher avec ce petit jeu de va-et-vient, qu’elle l’a définitivement abandonné. On peut toujours faire dire n’importe quoi aux mots et aux blancs entre les mots, même si c’est en noir que cela se passe. Aujourd’hui, seul lui reste en tête le bruit du steamer à vapeur pour lequel elle avait opté et qui annonçait l’ouverture et la fermeture des sessions."


Ce à quoi je pensais en fait, c'était aux signes que consciemment ou inconsciemment celui qui parle envoie à l'autre.
Ainsi me semble-t-il qu’on me rappelle sans cesse au principe de réalité quand on me joint une photo prise en webcam ou qu’on me précise - I quote : "déco by the dame que je love beaucoup".

Voilà les signes auxquels je faisais référence.

Oui - pour la photo, parce qu'en effet comme je l'évoque avec les noirs et les blancs, les enroulements et les déroulements sur la page, on peut faire dire n'importe quoi aux mots et que je m'entête à l'imaginer (celui qui m’avait envoyé le mail) comme une sorte de B.P érudit. Non que B.P soit le fan de ma vie mais parce qu'il est le seul que je connaisse dans la catégorie littéraire... les autres ne sont que des noms ou des titres au haut des livres, et je n'ai jamais eu la chance de toucher du doigt ce monde...(devrais-je dire cet univers ?).

Et oui - parce que -  deuxièmement, je pense savoir de moi combien peu m'importe celui qui se trouve dans un certain sens physiquement dans la vie matérielle puisque je ne m'attache en fait qu'aux seuls mots et propos.

Le fait est que l'échange en devient riche et fréquent. D'où peut-être sa volonté innocente et/ou raisonnable de me rappeler son existence réelle. Et en même tant comment ne pas apprécier cette délicatesse-là ?

Samedi 7 mars 2009 6 07 /03 /Mars /2009 20:06

Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Retour à l'accueil

Commentaires

ui, tu as raison c'est fascinant cette histoire, et encore plus quand on se dit que l'interlocuteur en face peut jouer et tricher avec cet enroulement/ déroulement des mots...avec les blancs et les noirs...

mais qui est BP ?
Commentaire n°1 posté par caro le 10/03/2009 à 17h24
Merci Caro. B P c'est celui de notre enfance.. tu sais celui qui passait à la télé pour parler des livres... une lumière comme une autre pour nous qui n'avions pas accès à la culture ?
Réponse de Soleildebrousse le 12/03/2009 à 23h11
c tout simplement magnifique merci pour ce moment
Commentaire n°2 posté par delphine le 09/03/2009 à 12h43
Moi j'adore ce texte, alors je ne vais pas dire le contraire.. hein ... j'ai tant de souvenirs avec ce steamer à vapeur (pléonasme ?) :)
Réponse de Soleildebrousse le 12/03/2009 à 23h13
Ecrire un commentaire - Par soleildebrousse

Présentation

Recherche

Derniers Commentaires

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés