Au fond de l'eau les corps attachés

 

Ont des pâleurs mortelles et semblent abandonnés

Nénuphars  parmi les poissons lune

Les yeux écarquillés, ils attendent patiemment

 

Dans l'abîme des profondeurs

Leur peau laiteuse picotée de points blancs

Mousse légèrement au fil des courants douçâtres

Qui traversent leurs univers secrets

 

 

Longtemps ils ont espéré les mains agiles et secourables

Aimables, discrètes et audacieuses

Seules capables de remonter en surface

Leurs corps déchirés devenus de plomb

 

Mais les coeurs légers, délivrés de tout soucis

Frémissent sous la chaleur qui les enveloppe

Et ont pour seule lumière

Les algues phosphorescentes devenues familières

 

Compagnons d'infortune

Les poissons des grands fonds

Accompagnent leurs derniers mouvements

Au rythme alangui par la pression

 

Dans la nuit du ballet insondable

Emmurées dans la chape indicible

Quelques taches de couleurs oubliées

Restent les uniques signes de leur vie antérieure.

 15 septembre 2007

Dimanche 15 novembre 2009 7 15 /11 /2009 20:07

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