C'est une paire de gants au fond d'un coffre de voiture pour ramasser la dépouille des chats qui n'ont pas su rentrer à l'heure

Ce sont des colères sans nom qui font se terrer la petite qui est encore tapie au plus profond d'elle-même

De grands éclats de rire qui le font se plier en deux et rajeunir de vingt ans

Un profil d'acteur des années soixante-dix, un peu hidalgo, un peu métèque

Celui qui offrait les jours d'anniversaire des minis Davidoff  -quand elle était encore de l'autre bord – des Camel – le reste du temps

Celui qui savait tresser les cheveux en longues nattes brunes et coudre à petits pieds actifs sur l'antique machine à coudre familiale

L'éternel colérique qui ne sait jamais montrer comment il aime et ce qu'il aime

Celui qui glissait un « Pascal » dans le porte monnaie quand devenue adulte elle traversait les jours de dèche et de souffrance

Celui qui riait de choquer lorsqu'il l'acompagnait pour choisir ses premiers soutiens-gorges

Mais c'est aussi celui qui ne savait ni câliner, ni embrasser, ni prendre dans les bras

Elle n'a que de vagues souvenirs sur son passé

Intransigeance, indépendance, pur reflet d'elle-même

Rien ni personne ne pourrait lui commander

Et il a en horreur d'attendre où que ce soit, qui que ce soit

C'est celui qui offre son vin, son pain au premier venu, mais qui répugne à lui laisser une clé ou un permis de visite

Depuis longtemps le silence entre eux

Et elle attend.

Samedi 5 janvier 2008 6 05 /01 /Jan /2008 15:42

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Commentaires

Hola Astre Diurne, j'aime beaucoup ce texte dont se dégage une tendresse ironique, une mélancolie sur fond de compte à rebours physique. Comment ne pas y projeter ce poème de Verlaine : Soleils couchants Une aube affaiblie Verse par les champs La mélancolie Des soleils couchants. La mélancolie Berce de doux chants Mon cœur qui s’oublie Aux soleils couchants. Et d’étranges rêves, Comme des soleils Couchants sur les grèves, Fantômes vermeils, Défilent sans trêves, Défilent, pareils À des grands soleils Couchants sur les grèves. N'étant plus tout à fait un jeune homme (lol), ceci me parle au plus haut point... Poétiquement, bobie
Commentaire n°1 posté par bobie le 07/01/2008 à 08h41
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