Les peurs sont au-delà des mots. Il n'est pas question de les quantifier. Elles vrillent les tripes et font vomir.
Il sait qu'elles dévastent tout et l'étourdissent jusqu'au vertige, yeux grands ouverts fixés sur le plafond de la chambre aux volets clos. Tantôt la même, tantôt une autre. La chambre. Les peurs. Il peut parfois les apprivoiser en se laissant envahir quelques heures, le temps d'en faire le tour. On lui a demandé de faire cela. Il l'a fait. Mais il n'a pas la force de les frapper à coups de poings… peut-être de points parfois seulement.
Mauvaises invitées, elles surgissent à pas d'heure et il n'ose leur montrer qu'il aimerait bien qu'elles se retirent car il a d'autres choses en tête. Pas de grandes choses, non, forcément, il n'est pas grand-chose non plus. Il aimerait juste vivre, et vivre avec, qu'on se le dise. Il ne raisonne pas ses peurs, et ce depuis longtemps. Il souffle, inspire et part en apnée. Ça dure ou ça ne dure pas. Vaincre ses peurs, il sait cela. Il sait aussi que certaines ne peuvent être vaincues. Les peurs produisent de la souffrance et ne sont pas forcément liées au sentiment d'amour. La souffrance liée aux peurs est une souffrance aiguë qui met à terre, littéralement. Il s'écroule, le corps abandonne, les muscles cèdent, le cerveau s'emballe comme un vieux moteur.
Les peurs sont endogènes et orphelines. Pour ne plus avoir peur on peut vouloir devenir fou. Border line. Pas question des les comparer à celles des autres.
Indicibles, inaudibles, pudiques. Pas de débat d'idées, même s'il le voulait, il ne le pourrait.
18 août 2007
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