C'était un soir.

Dans le grand silence de la nuit d'été, le message est arrivé.

Il était court et interrogatif.

Quand il l'a vu apparaître dans la fenêtre bleutée, il n'a même pas sursauté.

Les mots disaient la pensée continue tendue vers lui et aussi les questions, tout à la fois.

Aussi, ils taisaient la peine et peut-être les larmes.

Ça parlait d'amitié passionnelle, consumée par le temps.

Ça parlait d'été silencieux, de tous les matins qui s'étaient levés avec une unique pensée en tête.

Il a lu tout d'un trait. Le visage plissé, il s'est concentré sur la suite à donner.

Il ne souffrait plus vraiment, il savait presque à l'avance ce qu'il devait faire.

Il a cliqué sur répondre, a joint la plupart de ses textes écrits dans les semaines qui venaient de s'écouler. Ceux publiés et ceux secrets. Ceux qu'il pouvait comprendre et ceux qui parlaient d'eux.

Ça disait, regarde, je suis resté tel que tu m'as vu, je ne suis pas en train de devenir ce que tu crois. Je t'ai aimé comme tu m'as aimé.

La souffrance n'a pas disparu. Je suis seulement ce que je suis, comme tant d'autres l'ont dit avant moi. J'essaie de survivre. Je lutte d'une autre façon maintenant. Je blinde les murs, accumule les cloisons étanches, monte les briques réfractaires.

Mon voyage n'est pas fini, je navigue dans les eustatiques mouvements de mon coeur.

Eternels mouvements qui cherchent à chasser les démons intérieurs qui veulent m'emporter. Tu m'as abandonné.

Ce fut un matin et puis un autre, et puis un autre.  Il n'y eut toujours pas de réponse.


Jeudi 15 mai 2008 4 15 /05 /2008 13:11

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