Jeudi 30 avril 2009 4 30 /04 /Avr /2009 08:25
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Dimanche 26 avril 2009 7 26 /04 /Avr /2009 18:37
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Dimanche 26 avril 2009 7 26 /04 /Avr /2009 18:31


Sur le poteau...l'oeil ouvert... au vert et bleu de l'eau mêlés.
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Dimanche 26 avril 2009 7 26 /04 /Avr /2009 18:17




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Vendredi 24 avril 2009 5 24 /04 /Avr /2009 00:08
Petite info...
Je mets le bouton "clavier "sur pause...au moins quelques jours ... je pense pouvoir vous en raconter un peu plus lundi mais c'est pas sûr... je file en France demain soir... j'ai un petit rendez vous avec la lune.. et puis aussi le fils... pour quinze jours... chouette non ?
Ne vous inquiétez pas... je n'ai pas l'intention de laisser tomber ma pépette... !

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Mardi 21 avril 2009 2 21 /04 /Avr /2009 16:27



O légères tartelettes aux bords mordorés !

O Ramequins crémeux et vous, éclairs marbrés !

O tranches de pain de mie de jambon parées

Qui pouvez d’un revers de main me faire périr !

 

O hachis bien épais aux senteurs parfumées

Qui me replongez dans mon enfance oubliée !

O petits pots de mûres en mignons rangs serrées !

Et vous grandes meringues qui me font blêmir !

 

O Vieux thés parfumés ! ô biscuits de cannelle !

O fars, flans, pâtés et toi moelleuse dentelle,

Du gros os à moelle dans le bouillon plongé !

 

O corps crémeux, cuisse tentante, hanches girondes

Seins pulpeux, fesses rondelettes, gorge profonde,

Et ce dont je ne puis ici sciemment parler…

 

Par un régime, voudriez-vous  trépasser ?

Que Nenni !

 

 



Pour les impromptus - avril 09

 

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Samedi 18 avril 2009 6 18 /04 /Avr /2009 08:14




Thérèse, elle s'appelle Thérèse. La chambre est blanche et petite. Dans le silence qui emplit de sa résonance toute la pièce, une femme est là qui se tient, informe et blottie au bord du lit. Son visage fait face au mur sur lequel est accroché un calendrier. On entend au loin le filet joyeux d'une eau qui coule. Mais rien dans le maintien ou le corps de la femme ne signale qu'elle est sensible à ce qui l'entoure. Les yeux sont ouverts dans une fixité de statue antique. Dans son cerveau  pourtant, des fenêtres se déplient tour à tour et se referment aussitôt. Alors à ces instants furtifs, ses iris voient.

C'est tout d'abord la douceur d'une peau, la courbure gracieuse d'une cheville, la délicatesse d'une hanche mollement abandonnée. Puis vient l'oblongue tache brune qu'elle n'a jamais su placer au bon endroit sur ce corps tant de fois parcouru. Elle peut discerner encore, le renflement des muscles agiles qui se contractent et durcissent sous le passage de ses mains devenues habiles au fil des nuits. Sur les murs blancs, des images discontinues se forment comme des ombres plus lumineuses et contrastées au fil de sa concentration.  La petitesse des pieds, si rare chez un homme, les fesses menues, le bassin étroit. Entre deux ouvertures fugitives, elle distingue la nuque virile qu'elle aime empoigner des deux mains pour le plaquer tout contre elle.

La pulpe des lèvres tremble un peu. Son ventre se réchauffe. Voici une bouche de poupée, timide, mais docile, qui mord dans la chair et grignote des dents ce corps qui la possède. La forme, plongée dans la pénombre de la chambre, isole maintenant, l'odeur particulière et indéfinissable qui se dégage de l’homme trop embrassé. Scrutant plus attentivement dans les éclaircies nuageuses qui zèbrent la cloison de zones d'ombres et de lumières, son cerveau imagine des milliers de capsules disséminées à la surface de la peau et qui éclateraient dans une alchimie inavouable. Feu d’artifices intime vers lequel son esprit chavire. Le temps passe lentement. La cornée grise des yeux se voile.  Le désir monte en vagues douloureuses qui pincent et déchirent les chairs usées et meurtries. Ce sont d'autres images qui émergent ainsi et viennent s'imprimer sur la pâte crayeuse cent fois lessivée des murs de neige froide. Sous l'habituelle et nauséabonde émanation de produits de détergents, elle distingue autre chose. Ça reste confus. Sous l'effort, le nez se plisse et frémit. De toutes ses maigres forces, elle cherche à reconnaître en fouillant à pleines mains dans les plis de sa conscience. Ça avance doucement, par flux et reflux. C'est ça. C'est la mer. La mer et son odeur de varech. D’étranges vagues se mettent à frapper les murs. Les grandes laminaires s'emparent de son champ de vision. Les ombres désormais se divisent en cristaux de verre sur lesquels le corps aimé se déplace. Les aspérités laissent voguer de pâles voiles blanches qui dansent en silence. Et puis plus rien. Aveuglement et étourdissement. Cris et chuchotements -  à peine audibles- . Comme dans un vieux film de Bergman. En une fraction de seconde, les yeux savent ce que le cerveau se refuse encore à admettre. L'homme  a disparu dans le mur liquide. Sur le petit lit, la forme s'agite. On pourrait, si l'on était attentif, l'entendre gémir sourdement, comme un animal acculé prêt à subir les coups de celui qui est sensé lui apporter amour et sécurité. Démultiplication de la lumière. Le système nerveux central se déconnecte.

Au loin maintenant, le bruit de l'eau a laissé place aux claquements des talons. Des portes s'ouvrent puis se referment. Des grincements dérangent la forme qui s'agite doucement. Le bruit s'intensifie et se rapproche. Soudain, dans la petite chambre un chariot métallique chargé d'ustensiles fait son apparition. La lumière d'un néon qu'on allume déchire la pénombre dans un acte d'une violence inouïe.

- Alors, Madame Thérèse, c'est l'heure de la toilette. Faudrait voir à pas se laisser ! Allez, ouvrez les yeux, c’est le quatorze juillet aujourd’hui ! On doit être belle !

 

22 août 2007- réécrit le 18 avril 09

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Mercredi 15 avril 2009 3 15 /04 /Avr /2009 16:41

 

J’avais prévu de partir l’année précédente, mais je m’étais retrouvé financièrement tellement serré que j’avais dû abandonner mon projet.

Aussi savourais-je à l’avance le luxe que je m’offrais. Pour le calme, tout était garanti. À cette heure de la nuit, la présence des enfants était impensable. Quelle abomination que la petite voix nasillarde de ces odieux mouflets…. !

Moi, j’aime les roulements mécaniques, les balancements du roulage grinçant, des ronronnements soyeux comme des seins de femme ! Ça gémit, ça couine, ça vous plonge dans une plénitude bien plus forte que la jouissance physique ! Je me délectais à l’avance. Une tiédeur douceâtre se glisserait entre mes omoplates, mes reins se tendraient au contact du rude siège de  moleskine anthracite. Ce serait ensuite l’odeur acide du métal et son picotement délicieux au moment où je collerais ma langue à la paroi glacée.

Je fis une ultime vérification. Tout était en ordre. Mon verre rangé dans le placard au-dessus de l’évier, le torchon à carreaux rouge et blanc replacé de façon parfaitement parallèle au mur carrelé ! Je respirai un grand coup, verrouillai la porte, et vérifiai une nouvelle fois mon titre de transport : une merveille de petit coupon mauve.

Métro !


PS : texte publié chez les impromtus (que de belles plumes à découvrir!)

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Lundi 13 avril 2009 1 13 /04 /Avr /2009 19:06


En ce jour où des millions croient en la résurrection, je pense à ceux qui se trouvent au-dessus de moi dans le ciel insondable.

Je n’imagine pas la résurrection des morts. J’ai simplement une foi inébranlable dans l’inaltérabilité des âmes. Toutes les âmes sont bonnes et clémentes. Seules les enveloppes dans lesquelles elles se découvrent un jour verrouillées sont souvent malfaisantes.

Les âmes se doivent alors de composer avec ce qu’on leur donne. Personne n’en a la responsabilité. Dieu n’ « est » pas.

Elles sont libres de faire ce qui leur passe par la tête et d’aller à leur gré : vivre, exister, subsister, se sacrifier, se saigner aux quatre veines, expérimenter, traverser, vivoter, plafonner, stagner, se la couler douce, se percher dans des folies peu ordinaires ou sobrement - une fois leur temps compté -  trépasser. Puisque je l’impute à leur enveloppe charnelle, la somme de leurs actes n’a pas – de fait -  tant d’importance que cela. 

Alors que le corps se dissout, l’âme s’empresse de nettoyer sa petite ardoise portative et de voir ce que lui réserve de nouveau le destin. La qualité de l’enveloppe est son principal défaut et par de là, son incroyable soucis. Il faut dire aussi que l’âme ne brille pas vraiment par sa mémoire, elle s’effiloche au fil des mutations et se contente de simples particules qui s’apparentent aux fils des anges…

Mais le mal a déjà été fait, elles ne peuvent échapper à leur enracinement dans nos souvenirs, résurrections ou pas. La plupart du temps, leur fabuleuse légèreté ne peut contrebalancer la violente inclination que certains esprits possèdent à causer de nombreux et variables préjudices...

Voici le hasard du grand mouvement de la vie. Un mélange détonnant. Mais j’avoue que je n’en sais pas plus.

Je demeure humble en mon ignorance.

Alors, je me contente de conserver par le geste et par la mémoire ce qui a disparu, je veux corriger et écris « ceux » qui ont disparu…

Je réfléchis à ce que j’ai pour le moment sauvegardé de mes propres morts.

Étonnée de voir ce qu’il reste encore.

C’est un crayon à paupière usé taillé retaillé dont le bouchon doré a été égaré depuis longtemps. Je ne m’en sers que rarement, je l’économise. Il appartenait à ma grand-mère.

J’y ajoute un détestable vieux pyjama vert en pilou aux formes indéchiffrables qu’elle a conçu de ses propres mains arthritiques.. Il s’avéra trop grand pour elle dans les derniers jours de sa vie, baillait par tous les côtés et pourtant elle continuait à le porter pour s’y sentir en sécurité les jours de froid intérieur… elle savait qu’elle se mourrait.

J’ai encore :

Un livre de cuisine aux pages desséchées

Un missel de prière dont les pages recèlent de cartes de communion avec les noms derrière, et pour les plus belles, une fine garniture de dentelle tout autour..

Un lourd bracelet d’or suranné que je ne pourrai pas  agrafer à mon poignet avant de nombreuses années… et encore. Je l’ai choisi parmi les autres pièces qu’on m’avait soumises simplement parce que ma mémoire ne peut détacher ce bracelet du bras qui l’a tant d’années agité avec grâce et féminité.

J’y ajoute un manteau passé de mode dont je n’ai jamais pu me séparer et que j’ai dû malgré moi porter à une période où je ne pouvais même pas me payer un tel vêtement. 

Enfin, je frôle avec délectation l’ensemble du petit courrier qu’elle m’a toute sa vie adressé et dans lequel je ne me lasse pas de savoir qu’elle m’appelle sa « Reine ».

Voilà je ne crois pas en la résurrection des morts, ni aujourd’hui ni demain, mais je peux faire naître qui je veux quand je veux. Et c’est pour le moment ma liberté.

 

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Lundi 13 avril 2009 1 13 /04 /Avr /2009 10:07

                   



                    Sillons minuscules

                    Au creux des paumes ouvertes

                    Voici les nouveaux rejets des aubépines

                    Qui ensanglantent les mains

 

                La terre est loin

                Mon île encore invisible

                Bois flottés grisés

                Par les grands paquets de mer

 

                                            Mon coeur naufragé

                                            Navigue en pélagique

                                            Et repousse les fleurs

                                            Abandonnées entre deux eaux

 

Pâleur mortelle des joies écarlates

Emportées vers de plus pacifiques destins




31 août 07
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Lundi 13 avril 2009 1 13 /04 /Avr /2009 07:31



J’avais terminé les formalités quand ils m’ont remis un sac-poubelle. C’était lourd. Je l’ai légèrement entrouvert, il n’était pas fermé. En écartant le plastique, j’ai reconnu un sac de voyage parmi les trois qu’il contenait. Un sac en toile que j’avais reçu gratuitement lors d’un achat par correspondance. Les autres m’étaient absolument inconnus. Ils semblaient encore neufs.

Le sac-poubelle a commencé à peser au bout de mon bras. Un peu plus loin, une banquette était disponible, je m’y suis assise.

J’ai farfouillé à l’intérieur. Dans celui que je connaissais, j’ai de nouveau trouvé un autre sac, un sac à main bon marché, en vinyle noir et souple. Il recelait un carnet à spirale. J’ai vu que deux pages à peine étaient remplies. La couverture était en carton bouilli, écarlate. La couleur des cerises, une fois les fleurs d’avril éparpillées dans la douceur du printemps. J’ai tout de suite pensé que les fleurs de cerisiers possèdent une vie belle et courte. On était au début de mai et j’aimais les cerises. J’aimais les carnets aussi. J’avais toujours aimé les carnets.

Celui-là malgré son aspect flambant neuf, avait une drôle d’odeur, une odeur un peu métallique. Dans le hall, quelques voix se perdaient au long des murs. Je ne comprenais pas grand-chose. J’ai tourné et retourné l’objet entre mes mains. Je ne savais pas trop ce que j’allais y trouver et si j’avais vraiment envie d’en prendre connaissance. L’horloge indiquait  huit heures, on m’avait appelée à six, j’avais un peu de temps avant de me mettre en retard. En retard, ce matin, moi ?  C’était complètement irréel de penser à un truc comme ça.

À la machine à café, j’ai inséré une pièce et j’ai attendu la boisson tout en suivant méticuleusement les instructions. J’aurais aimé fumer une cigarette, mais il était encore trop tôt. J’ai ouvert le carnet.

C’était écrit à l’encre violette et au stylo-plume. J’ai reconnu tout de suite sa petite écriture de mouche, appliquée, méthodique, sans grande personnalité. Chaque lettre bien montée à sa juste hauteur, avec son plein et son délié. Rien de très épais. Un tracé de personne droite, qui obéit et qui respecte l’ordre. Il y avait peu de ratures. Mécaniquement je les ai comptées. J’en ai repéré cinq,  espacées de façon irrégulière, comme de légères biffures graciles.

Lundi

Samedi matin, j’ai acheté mon carnet après être passée à la banque pour voir s’ils avaient bien reçu mon  précédent courrier. J'ai aussi choisi un beau stylo-plume et un paquet de cartouches violettes. La couleur de mon adolescence. J’ai l’impression d’avoir quinze ans, comme si je recommençais tout à zéro. Mais JE RECOMMENCE tout à zéro ! Tout est enfin arrangé. J’ai eu si peur.  J’ai pu récupérer ma carte bleue. Elle est  à mon nom cette fois. Ils m'ont priée de bien vouloir les excuser pour la dernière fois. Mon nom en toutes lettres ! Magnifique… Si maman pouvait voir ça… Elle est bleue, un bleu métallique comme je les aime. Celui qu’on voit au dos des ailes des martins-pêcheurs. C’est  désinvolte un martin-pêcheur. Deux coups d’ailes et hop, ça s’en va où ça veut…  Me voilà, grâce à un vulgaire bout de plastique un être libre.

C’est fou comme elle brille cette carte.  Jamais utilisée. Pas une érraflure éraflure.  On peut presque se voir dedans. Je me demande ce que cela va me faire quand je vais pouvoir  m’en servir. Il faut que je lui trouve une housse. Il n’en avait plus à la banque. Ce n’est quand même pas de chance… En attendant, je l’ai glissée sous le siège passager, avec les passeports et l’argent, sous le tapis de sol. Impossible qu’on puisse les  dénicher. La voiture n’est jamais nettoyée.

Je suis épuisée, mais je me sens bien. J’ai encore peur, mais tout ceci est vraiment en train d’arriver ! Pour une fois dans ma vie je fais enfin ce que je veux et quand je le veux. Samedi j’ai chanté toute la journée. J’ai cuisiné pour les enfants. Ils riaient…Après… après comme d’habitude. On a frôlé les murs. C’est long le dimanche tous ensemble. Maman a oublié d’appeler.

Lundi prochain, à la même heure tout sera fini.

Mardi

Hier je n’ai pas pu écrire. J’ai eu trop de travail. En rentrant de l’école, les enfants n’ont pas cessé de me déranger. J’ai préparé leurs sacs. Des pulls,  des chemises, un léger anorak pour chacun. Du petit linge de corps. J’ai cousu leur nom, au cas où. Pour les chaussures, je prévois le minimum.  Les sacs devront avoir l’air tout à fait naturels. Comme d’habitude, maman a appelé en s’excusant me demandant de bien vouloir l'excuser de m’avoir oubliée dimanche… Je lui ai répondu que ce n’était pas grave. Que tout s’était bien passé .  J'ai ajouté que j’étais OK, juste un peu fatiguée par les enfants. Elle n’a pas semblé me trouver normale, elle a un peu insisté… C’était sûrement ma voix.. quand je mens, j’ai la voix un peu trop aigüe.. Je devrais faire davantage attention.  Alors, j’ai raconté mes salades. Elle n’y a vu que du feu. La pauvre, depuis le temps que je lui dissimule la vérité. Elle ne peut pas savoir.  Je me suis couchée le plus tard que je pouvais. Tout le monde dormait déjà. Aujourd’hui, j’avais rendez-vous avec la directrice de l’école. J’ai les dossiers des enfants et quelques adresses. Quand j’ai quitté son bureau, elle m’a regardée d’un air triste en hochant la tête. Je n’ai pas trop apprécié.

J’ai passé la journée à faire le ménage. J’aime bien mon carnet. J’aurais dû faire ça depuis longtemps, mais où est-ce que j’aurais  pu le cacher ?

Mercredi

Hier je croyais que j’allais bien et puis en fait je n’ai pas dormi. J’ai encore passé la nuit à me demander si je faisais le bon choix. J’ai peur. Une peur qui me donne des nausées. Comme un mauvais pressentiment. Ça me vrille le ventre. J’ai vomi trois fois. Mes cheveux sentent mauvais, j’ai dû les relaver. Pourtant, ce n’est rien à côté de ce que je vis les autres jours. Je ne sais pas comment je me débrouille, mais en ce moment j’ai la paix. Ça doit être l’air du printemps. Chacun vaque à ses affaires.  On me laisse tranquille. Enfin parce que j'ai bien voulu..Je déteste ma peur quand elle me prend ainsi tout entière. Si maman me voyait, elle serait désolée pour moi. Mais je ne veux pas lui faire de peine. Je suis grande. Ça va aller. Je suis robuste. Il a bien fallu, autrement ça ferait longtemps que je ne serais plus là. J’ai eu l’assistante. Elle m’a assuré que tout irait bien. Ils ont quelque chose pour moi là-bas. Ce n’est pas grand-chose, mais ça devrait suffire pour commencer.  On m’a répété toute mon enfance que j’étais forte. Pour me redonner du courage,  je suis allée voir au congélateur, en bas dans le sous-sol. J’ai vérifié que la boîte avec les billets n’avait pas bougé. Tout était en place. Je suis vite remontée avant qu’on me pose des questions.  Aucun risque. Quand même, j’aimerais être sûre de ne pas faire de bêtise. Est-ce que j’ai un ange gardien moi aussi ? Maman me dit toujours que oui, mais je ne la crois pas ou plutôt je ne la crois plus… mais comment lui dire.

Jeudi

Ce matin avant le réveil de la maison, j’ai enfin pu déplacer les sacs. Je les ai cachés un par un, dans un énorme buisson près de l’école. J’ai fait deux allers-retours dans le noir. Ça fait comme une grosse haie. À quatre  trois jours du départ, ça m’étonnerait que quelqu’un tombe dessus. J’ai eu un peu froid, on est en mai, mais comme  dit maman,  les hirondelles ne font pas le printemps.. Je n’ai pas le temps d’écrire. Je ne suis pas seule. Le départ est prévu pour dimanche.

Vendredi
Pas le temps d’écrire ! Je suis si  heureuse ! Je suis si  heureuse ! Je sais bien que ce n’est pas bien de ne pas écrire, mais je me rattraperai ! promis ! je me rattraperai. Aucune inquiétude là-dessus ! ha ! ha ! ha ! J’ai quinze ans et je suis folle !

Samedi

C’est pour demain. On sera tranquilles. La voie devrait être libre. Hier soir, j’ai tout expliqué aux enfants. Ils savent ce qu’ils ont à faire. Ils sont assez grands maintenant pour savoir comment se comporter. Faites que maman ait raison et que j’aie  un ange gardien au-dessus de nos têtes pour nous sortir de ce pétrin. Je jure que c’est la dernière fois que je me fais avoir…Nous allons nous amuser comme des petits fous à préparer notre nouvelle installation… Il n’y aura pas beaucoup de meubles, c’est certain, mais quelle importance cela aura-t-il vraiment ? J’y mettrai les couleurs de l’arc-en-ciel…ça sentira l’été… nous serons enfin protégés..Maman va être tellement contente.. Quand on sera là-bas, je l’appellerai et je lui dirai toute la vérité. Rien que la vérité et l’entière et vraie vérité.

 

Voilà, c’était ses derniers mots.

 

Ils ne sont pas allés très loin.

Ce matin, au téléphone, la gendarmerie m’a dit qu’ils n’ont pas souffert, peut-être même, a-t-elle ajouté, ne se sont-ils même pas rendu compte de ce qui arrivait. Tout a dû aller très vite. Le camionneur s’est endormi. Le virage à cet endroit précis ne laissait rien voir. Le semi-remorque les a fauchés alors qu’ils s’engageaient sur la nationale qui devait les conduire à l’aéroport.

J’attends son mari. Je crois que je ferais mieux de ranger le carnet. De toute façon, dans une certaine mesure, c’est à moi qu’elle écrivait, non ?

 

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Samedi 11 avril 2009 6 11 /04 /Avr /2009 18:41


Quand à Pâques on achète une machine à coudre

Mieux vaut prévoir de longues heures pour découdre ;

Quand à Pâques on s'associe à « good-bye Juliet »

Mieux vaut penser qu’on va grignoter des miettes....

Quand à Pâques on s’achète ses premiers talons hauts

Mieux vaut compter embrasser bientôt le carreau !


Bref… bonnes pâques mes mômes…!


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Jeudi 9 avril 2009 4 09 /04 /Avr /2009 23:51


Au bout du fil je me balance

Les yeux ouverts de tant d’attente

Au bout du fil le long silence

Et le bruit de mes vertèbres dissonantes

 

Je suis là, paisible et sereine

Le vent m’accroche à son haleine

 

Au bout du fil je me tortille

Au gris de mes paupières plissées

Au bout du fil ma destinée

Et le cri du rêve encore avorté

 

Tu me regardes, je te souris

Ma langue violette te fascine

O destin, ô mon cœur brisé

 

Au bout du fil, une fois de trop

Le silence - seul - répondait.

 



Pour les impromptus....
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Jeudi 9 avril 2009 4 09 /04 /Avr /2009 21:15



Un texte inhabituel sous les doigts.. à consommer sans arrière-pensée, c'est juste un hommage...

 

Il avait un beau chien, un berger belge, Sultan. C'était en 19... Il était chouette. Ils  habitaient ensemble. Lui, il avait dix-neuf ans, le chien dix-sept mois. Pendant vingt mois ils sont restés ensemble.

Il avait fait un arrangement avec son boucher, tous les jours il lui filait un kilo de bidoche. Il le trouvait con, son boucher. Mais comme il ne payait que soixante sacs par mois, il  pouvait pas lui dire. Des fois, il faisait des scandales dans sa boucherie. Sultan n'avait pas le droit de rentrer, alors pour le faire patienter, il lui payait une entrecôte. Les vieux cons gueulaient au scandale. Alors il les insultait et il voyait que son Sultan était content. Le boucher, lui, du moment qu'il payait…

Faut dire que depuis tout gosse, il avait pas eu de chiens, ni d'amis. Ses vieux avaient divorcé quand il était jeune – six ans-, son père était militaire de carrière, vingt-six ans d'armée et toujours sergent-chef, heureusement qu'il avait été réformé, il pensait. D'façon, il avait tout fait pour. La honte de la famille. Sa mère, elle, elle faisait le tapin depuis plus de quinze ans. Il l'aimait bien. Elle lui avait toujours tout donné. Même plein de beaux-pères, il disait, en rigolant un peu du coin de l'oeil. Il savait plus combien il en avait eu. Mais il était toujours tout seul. Jusqu'au jour où il avait acheté Sultan.

A cette époque, il avait un peu plus de dix-sept ans et sa mère lui avait payé un studio, à cause d'un beau-père de trop, un beau-père à la con qui lui aurait bien foutu sur la gueule plus souvent qu'à son tour.

Il avait jamais rien foutu. Il avait quitté l'école après avoir redoublé sa quatrième. De toute façon, personne n'avait jamais rien attendu de lui, à part qu'il fasse l'armée. Le boulot, il connaissait pas. Il traînait la nuit, il dormait le jour. Il a jamais eu de problèmes, il avait toujours des sous. Il les gagnait en faisant des affaires. Les mauvais jours, c'était elle qui les lui donnait. Il bouffait toujours au restaurant, il allait tous les soirs en boîte. Il draguait un tas de minettes. Elles étaient connes. Mais du moment qu'elles étaient mignonnes et cochonnes, il s'en fichait. De toute façon, il les larguait toujours, jamais il ne s'était fait jeter.

Il était toujours tout seul. Puis il a eu Sultan. Il l'a dressé. Jusqu'à sept mois, il était pas beau. Il croyait que c'était un bâtard, qu'il s'était fait arnaquer. Mais non. Il sait pas pourquoi, d'un coup, il est devenu beau. Il a toujours dormi dans ses draps. Il a même fait dormir des filles par terre, parce que le lit était trop petit pour trois.

Lui, avant, il était bagarreur, grande gueule, on disait. Sauf avec son pépère, comme il l'appelait. Il pouvait pas boire d'alcool, car sinon, il devenait un danger public quand il était saoul. Il cherchait les embrouilles et il se faisait massacrer à chaque fois. Une fois par mois, douze fois par an. Après il revenait dans le café avec son chien et un calibre, et il lâchait le chien. Il était content de mordre, le chien - pas lui. De toute façon, lui ou le chien, c'était devenu du pareil au même. Et c'était le carnage. Après Sultan et lui, ils allaient au restau. Y avait plein de bons restaus à Paris qui connaissaient Sultan. Il mangeait dans une assiette, comme lui. Même les coquilles Saint-Jacques, il les aimait. Pourtant, quand il l'amenait au bois en promenade, il allait jamais draguer. Il lui avait présenté de belles chiennes,. Pedigree et tout. Rien. Il voulait pas. Il avait essayé de lui faire faire des cochonneries par un vieux tapin qui était d'accord. Il avait même pas voulu. Alors il l'avait amené chez le vétérinaire. Il croyait que son pépère était pédé. C'était pas ça, il avait juste une couille qu'était pas descendue. Quelque chose comme ça.. Fallait l'opérer. Il avait pris rendez-vous. Merde, il était bien avec lui. Des fois, quand il avait bien gagné sa journée, il partait à Deauville craquer un peu d'argent et il revenait pas pendant deux ou trois jours. Trop de jours. Et bien, ça venait d'un coup et il se rappelait de son pépère. Alors il redescendait sur Paris à toute vitesse. Et bien, vous le croyez ou vous le laissez, il lui faisait même pas la gueule. Il était content de le voir. Et lui, il chialait, il avait honte. Et pourtant, il était pas un saint, y'avait jamais eu que pour lui qu'il avait pleuré. Alors pour se faire pardonner, il l'emmenait encore et tout le temps au restau, et il restait toutes ses journées avec lui.

Et on lui a tué. Sept balles. Devant chez lui. De sa faute. A cause des règlements de compte dans lequel il l'embarquait – avec lui. Pourtant il était innocent, il faisait qu'obéir. Pourquoi c'est pas lui qu'on a tué ? Il est mort puceau quelques jours avant l'opération. De sa faute. Il a jamais su qui c'était. Il l'a enterré et depuis mai 19.., il a pas été le voir, parce qu'il est en taule. Il va le voir dans six mois.

C'est tout.

28 août 2007

 

 

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Mercredi 8 avril 2009 3 08 /04 /Avr /2009 20:42



Vague à son âme. Elle a le cœur plombé ces jours-ci et incapable de savoir pourquoi..Son inconscient la tiraille, il ouvre grand ses bras.. tape contre les parois, secoue ses chagrins, avale ses heures, fige ses sourires..lamine ses rires.

De pélagiques filets ratissent de long en large… ça arrache…ça piétine, elle s’enlise et se fait prendre par la nausée… son corps est parcouru de ballottements comme de perfides et insidieux poisons…ça monte, ça descend.. Un tonneau ambulant. Voilà qu'au matin même de ses journées,  elle ralentit le pas ... elle se charrie, se remorque, se trimballe d’une activité à l’autre… à la traîne.

Sa tête s’entête à ne rien vouloir lui dire. Elle se met en berne, refuse de l’aider alors même qu’elle commence à peine à travailler. Sa tête fait sa taiseuse. Et ses yeux brûlent en petits paquets de souffre qui s’enflamment plusieurs fois par jour. Ça fait deux matins qu’elle ne me maquille pas. Son noir coulerait. Et ce serait des questions auxquelles elle-même  ne pourrait répondre.

Son cœur plombé cherche à l’entraîner là où elle ne veut pas se rendre. Elle se couche, espérant entendre dans ses rêves ce qu’elle ne lit plus dans ses pensées. Rien ne vient. Elle est lourde de cette tristesse impossible à apprivoiser. Elle attend la marée. Ses navrements finiront bien par s’en aller. Alors, elle se racoquille.

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