Vendredi 17 juillet 2009 5 17 /07 /Juil /2009 09:48
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Vendredi 17 juillet 2009 5 17 /07 /Juil /2009 09:47
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Dimanche 12 juillet 2009 7 12 /07 /Juil /2009 19:21


Aucune des trois n'a vraiment un livre pour réfléchir entre les mains.. mais qu'est-ce que ça fait du bien !
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Samedi 11 juillet 2009 6 11 /07 /Juil /2009 14:22


Je suis là sans être là.. je suis un peu en arrière, légèrement partagée.. un corps et un esprit en veille... je me dis qu'ils n'ont plus besoin de moi. Enfin, pas comme avant.
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Mercredi 8 juillet 2009 3 08 /07 /Juil /2009 13:55
Pour ceux qui ne l'auraient pas vu... ça se poursuit... c'est un peu fou...non ?
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Samedi 27 juin 2009 6 27 /06 /Juin /2009 19:29


PS : Je suppose que comme moi, vos yeux ont été inondés de R.I.P dès que vous avez voulu ouvrir votre écran de télé ou d'ordi, twitter et cie... Je n'ai rien contre qui que ce soit, mais je n'aime pas les apitoiements mondiaux, encore moins les idoles.
R.I.P : Rest in Peace.

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Samedi 30 mai 2009 6 30 /05 /Mai /2009 21:11


Pour différentes raisons, techniques et professionnelles, je suis à la baille.
Alors, merci à Emmanuelle de m'avoir posé une question silencieuse.
Je reviens un de ces jours.
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Jeudi 28 mai 2009 4 28 /05 /Mai /2009 12:41

Petit exercice de style à partir d'un débat lancé par Babel et que vous retrouverez-ici :

... le pb avec myspace c'est que si on n'y a pas d'espace, on ne peut pas y laisser de commentaire, mais si la réflexion vous intéresse, il prendra vos apports et les mettra lui-même en commentaire. Ce texte est déjà là-bas, sous publication anonyme, simplement parce qu'il n'y a aucun sens pour moi à ce que les lecteurs de là-bas sachent que je suis ici.

Emma. l'a déjà tenté, cela ne sert strictement à rien. Le net est compartimenté et hierarchisé de façon presque inéluctable. Du genre : "dis moi où tu t'exhibes et je te dirai qui tu es."

 


2009 : Je publie mes sécrétions sur un blog. J’écris pour raconter ce que je vois, ce que j’entends, ce qui me heurte ou m’amuse. C’est un goutte à goutte un peu terrifiant. Mon corps en est la molette en plastique, vaguement jaune, un peu pâle parfois quand je me relis et que la tension me rigidifie légèrement. Le liquide vient du cerveau où s’est fiché un cathéter planté à même la peau fine, palpitante, de ma tempe. Le résultat en est un effet un peu bleuté comme une ancienne maladie du sang. Puis, il traverse le cœur, surgit dans le conduit que représente ma main et se prolonge dans l’encre du stylo. Le bleu devient noir, sombre, épais, compact, dense. Il s’écoule.
J’écris pour donner la parole à l’autre, le muet, l’anonyme, l’enfoui dans la foule. Je crois bien au fond de moi, que je crie. Une souffrance. Murmure à peine audible, isolé dans la multitude. Ça sort de moi. Ça ne prévient pas. Dans un certain sens, sur la page du blog, le vide devient alors réflexion, voire repli dans les méandres de la matière synthétique, reflet intérieur vidé à l’extérieur. Je suis là sans être là. 
Au tout début, j’avais beaucoup de choses à me dire et puis le flux s’est ralenti. Dans le conduit transparent, souvent catarrheux, par instants traversé d’îles spumeuses, rarement translucide, je vois la vie qui s’écoule. Ça crachote, je règle mon écoulement. Et puis plus rien, silence total. Je me dis parfois que je suis ce tube creux. Faussement imperméable. J’écris pour être lue. Oui, je crois vraiment que j’écris pour être lue et entendue. 

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Dimanche 17 mai 2009 7 17 /05 /Mai /2009 19:38

Vieille photo
...Sur les champs ce jour-là, une publicité dans un magasin de luxe... le sol, les passants, les machines...
De quoi laver le plus beau des linges sales...reflets de notre monde.



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Mercredi 13 mai 2009 3 13 /05 /Mai /2009 21:52

 

Le vendredi soir, la mère préparait les sacs de couchage, les rechanges et la glacière.

A la fin d’une série de minutieux préparatifs, un gros tas de petites choses (très sérieuses et très bien agencées) prenait place près de la porte d’entrée. Alors, la mère s’en retournait vers d’autres occupations moins délicates et se mettait paisiblement à penser aux deux belles journées qui venaient.

Pourtant, chaque fin de semaine c’était presque la même chose. A peine tournait-t-elle le dos que des ombres furtives glissaient entre les murs de la maison. Dans une silencieuse agitation un ballet muet se jouait sur une musique inaudible, dans l’obscurité qui enveloppait le couloir familier. Chaque nouveau passage occasionnait un dépôt et par conséquent un léger accroc au gros tas bien ordonnancé de la mère.

À vingt heures, le plus petit y coinçait légèrement sa pelle, son râteau et un sac de billes en terre, couvrant pieusement le tout d’un seau écarlate retourné et posé de guingois. Trente minutes plus tard, les jumeaux envahissaient l’espace à leur tour. Les deux grands entassaient de concert leurs palmes noires cerclées de deux masques bleu-turquoise aux élastiques un peu durcis par le sel de mer, créant sur le seau du petit un cabosse disgracieuse. Le recoin paisible le dissimulait aussitôt. Deux heures encore et, le père avant d’aller se coucher se contentait de soupirer tout en poussant du pied le monticule pour y joindre la boîte d’hameçons et les longues cannes à tiges télescopiques.

Heureuse de ce qui se préparait, la famille, conciliante, au matin du samedi, transportait le tout jusqu’au coffre de la vieille voiture dans de grandes vociférations rieuses et de maladroites justifications (pour le seau du petit).

Il ne faut pas croire qu’il y avait quelque chose de luxueux dans cette possibilité de partir tout un week-end. Non, chaque fin de semaine, quelque chose de très simple se renouvelait. Ils traversaient la lagune et rejoignaient le bras de mer permettant ainsi à chacun des membres de se réinventer pendant deux jours en Robinson de fortune.

L’endroit était une vraie merveille. Un cabanon de vieilles planches. Une bicoque surélevée sur le sable très blanc, un peu aveuglant entre de larges palmes vertes, d’un vert très tendre, ajourées comme des fibres de raphia teinté. Dès la moitié du parcours, elle se profilait au loin.

On ne tenait plus en place, ça chahutait, ça criait, la coque tanguait et le père râlait pour le principe.  

A l’arrivé, la mère décadenassait la porte grise et vérifiait si rien n’avait été chapardé. D’un regard aigu, elle repérait le brasero bricolé qui mettait des heures à s’embraser, la poche d’eau douce qui se réchaufferait au soleil, les quatre matelas protégés par des moustiquaires.

Au sol quelques paires de claquettes, au mur, accrochés à des clous, les maillots usés. Voilà tout ce dont ils avaient besoin.

Il faisait chaud. La mère s’entêtait bien à vouloir les faire se couvrir la tête mais elle abandonnait assez vite, personne ne s’en souciait. Les corps étaient tannés depuis longtemps. On ne craignait pas grand-chose. On pêchait à la traîne, on plongeait en apnée ou bien l’on se contentait de passer en rase-motte, tuba vissé aux lèvres au-dessus du fond sous-marin un peu inquiétant (toujours pour le petit).

Les enfants ne s’occupaient de rien. Les cahiers et les devoirs étaient oubliés, les lois furieuses qui allaient avec aussi. Deux jours d’entière liberté, deux jours voués à la nature.

Le voyage commençait au moment où la petite embarcation se décollait lourdement du ponton. Les paroles étaient remplacées par le vrombissement du moteur de la coque en plastique. Tous inspiraient joyeusement l’odeur un peu enivrante de l’essence répandue en quelques gouttes épaisses sur le sol granuleux qui brûlait les yeux (sauf le petit qui plongeait dans les jupes de la mère, suffoqué par l’écœurante émanation).

 

Ce samedi-là, dans le bleu délavé, un calao transperça le ciel alors qu’ils embarquaient dans le bateau. Le cri étrange de la bête déchira l’espace et puis s’évanouit. La mère frissonna et vérifia une dernière fois qu’elle n’avait rien omis. Les gilets, la bouée de sauvetage, l’eau si précieuse dès qu’on emporte des enfants avec soi.

 

En vérité bien lui prit de vérifier à deux fois ce jour-là la présence de la lourde bouée de plastique dur.

Le dimanche soir, le bateau heurta un bille de bois qui flottait entre deux eaux. La mère, les enfants, le père, tous eurent à peine le temps de s’y accrocher que déjà le bateau coulait.

Les mains croisées et emmêlées à s’en griffer la peau, ils dérivèrent toute la nuit, chantant, riant, pleurant, le père donnant des claques au petit pour que ce dernier ne s’endorme pas.

Au petit matin, exténués, l’eau les rejeta sur la plage.

Ils ne se donnèrent même pas la peine d’alerter les secours. Ils s’endormirent. Sans musique. Ils leur suffit une fois de plus d’être vivants ensemble. C’était ça leur petite musique. Leur petite valse à cinq temps.

 

 

 

Pour les impromptus.


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Mercredi 13 mai 2009 3 13 /05 /Mai /2009 09:09
Je suis repliée.




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Dimanche 10 mai 2009 7 10 /05 /Mai /2009 06:08

Je fais tourner les textes...


Cette photo gentiment prêtée pour mon texte © provient d'une petite merveille de site qui s'appelle La photo du jour, je vous conseille vivement de le visiter en vous rendant


            J'ai eu du mal à arriver jusque là. Il m'a fallu du temps. Je suis mort sous le sapin. Dans les bras de ma mère, dehors, dans le froid. Un drôle de fait d'hiver dans les faits d'hiver. C'était un sapin peu ordinaire. Un grand, très grand et très noir. Sur les longues branches la neige était pliée en gros tas. Ça ressemblait aux piles de linge blanc dans l'armoire de ma grand-mère. Elle l'a pris pour abri croyant bien faire. Nous étions perdus… faut la comprendre. Aucune lumière, la nuit était tombée très vite. Elle a cherché celui qui pourrait me protéger.  J'avais si froid que déjà je ne pouvais plus lui parler. Elle m'a glissé tout contre sa peau, si douce, si lisse, a refermé ses bras, m'a bercé comme un nouveau-né. Mais je n'ai pu attendre les secours. Je suis mort sous le sapin.

Je ne suis pas là pour vous faire pleurer. Je suis là pour elle. Pour elle qui m'a perdu et qui a tout fait pour me sauver. Mais il faisait froid, et puis il faisait nuit. La nuit d'hiver, celle qui arrive toujours trop tôt pour ceux qui sont dehors. Et même quand il y a des lumières, elles ne servent plus à rien pour eux. Ils ne les voient même pas. Que pourraient-elles bien éclairer ?

Alors si j'ai mis du temps à arriver jusque là, c'est parce qu'elle ne voulait pas me laisser partir. J'étais prisonnier. Prisonnier de sa tête où elle tente en vain de me garder au chaud depuis si longtemps maintenant. Au début elle a voulu mourir. Mourir dehors comme elle était déjà morte dedans, le jour de la promenade. Mais, elle a pas réussi alors elle a appris à survivre. Je l'entendais dire que le regard des autres la consumait. Pour quelqu'un qui avait failli mourir de froid, c'était quand même pas juste. Moi j'avais essayé de lui dire que j'allais bien, que j'étais bien là où j'étais, y avait rien à faire, elle m'entendait pas.

Aujourd'hui tout a changé. Il se passe quelque chose de nouveau . Je vais enfin pouvoir lui dire qu'il faut pas qu'elle s'en veuille autant. Mourir de froid, c'est dur, mais à croire tout ce que j'entends et tout ce que je vois… je suis loin d'être le seul à qui c'est arrivé. Sauf que les autres, ils ont pas  eu de maman pour les serrer dans les bras, et elle était loin de ressembler à une promenade, leur vie.

Rien que cette semaine, dans la  région de Khénifra au Moyen-Atlas, ce sont dix enfants et deux femmes qui sont morts de froid. Je les ai tous vus arriver. Ça faisait comme les petits ronds de fumées que mon papa, il faisait, avec sa cigarette, les jours de fête. Douze petites âmes serrées et intimidées qui se déplaçaient en jetant des coups d'oeil de tous les côtés. Elles sont montées direct. Pas ici, bien sûr. Ici, c'est la salle d'attente. Ça fait bien longtemps que j'attends moi.  Non je les ai juste vues qui traversaient devant mes yeux. De toute façon, moi, maintenant je sais que je vais repartir. C'est bientôt mon tour et ma maman, je vais me débrouiller pour aller lui dire tout le bien que je pense d'elle. Il me reste encore quelques minutes pour me décider et choisir.

Faut que je trouve quelque chose de facile mais qui me laissera un peu plus de temps cette fois-ci.

Alors sûrement pas un papillon, ni une mouche, encore moins un brin d'herbe. Un flocon de neige ? Non merci. Manquerait plus que j'atterrisse sur un homme en train de mourir de froid, comme à Paris,  place de la Concorde, ou à Marseille, dans les quartiers nord.. ..

Non, non, moi je vais revenir dans du solide. Je vais un être un tas de petits cailloux. Une poignée de petites choses noires ou grises, douces au toucher, lisses comme des bonbons à suçoter et quasiment indestructibles. Le minéral, j'aime bien. Je pourrai rouler, glisser, crisser… me glisser entre ses doigts, être manipulé dans tous les sens…et voici que de nouveau j'aurai un tas de choses à faire ….Chauffer, réchauffer, rafraîchir, caresser, lisser, apaiser, tiédir… et même que je pourrai me glisser dans ses poches…

Comme ça, si un jour elle se perd de nouveau, elle n'aura plus qu'à me parsemer le long du chemin, sous les grands sapins noirs.. pour revenir…. Et puisque grâce à moi, cette fois-ci, elle ne se sera pas perdue, et puis je suis sûr qu'elle pensera à me mettre dans une jolie coupelle sur sa table de nuit. Alors, je veillerai toujours sur elle. Parce que moi, mon prochain tour sur terre, j'ai l'intention qu'il soit drôlement long.

décembre 07

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Vendredi 8 mai 2009 5 08 /05 /Mai /2009 16:37

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Vendredi 8 mai 2009 5 08 /05 /Mai /2009 14:10



A nulle autre pareille,

La peau de mon amant

A la finesse du pétale de coquelicot.


Sa pâleur m'enivre

Et je m'y noie.


C'est un fil d'acier très pur

Qui relie

Mon coeur à son coeur

Mon esprit à son esprit

Mon âme à son âme


A nulle autre pareille

La force de mon amant

A la solidité du tronc de chêne.


Il est un rempart

Qui protège

Mon esprit et son esprit

Mon âme et son âme

Mon coeur et son coeur


Des corps calcinés et grisés

Abandonnés dans le fossé.

La douleur est partout.


13 décembre 07
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Vendredi 8 mai 2009 5 08 /05 /Mai /2009 08:15

Il ne lui avait rien dit tout compte fait Ce n’était pas facile de lui exprimer ce qui le touchait. Parce qu’il avait toujours l’impression de se répéter. Une fois encore, il avait échoué. Ses bonnes résolutions se désagrégeaient aussi vite qu’elles le pouvaient. C’était juste une question de temps. Le temps que les choses se fassent. Cela faisait une semaine qu’il était auprès d’elle.

La veille, une horloge interne s’était mise en route et il sentait qu’il se déchirait au fil des minutes. Ça  s’égouttait au vent d’avril entre les aigrettes des pissenlits et les pappus des cirses des champs qui s’en allaient colorier de blanc les lisières de la chaussée.  Il savait qu’il devrait de nouveau partir. Et ses pieds se traînaient alors que sa joie à être  avec elle se grisait peu à peu de mélancolie. Ça l’énervait, elle, terriblement. Elle le houspillait, lui démontrait l’absurdité de ses états d’âme. Elle était là, elle.. Elle existait ! Mais que pouvait-il vouloir de plus ? Il soupirait. Fins et pâles, ses mots raisonnaient dans les bruits du jardin et la conversation s’abattait. Elle avançait à grands pas, il suivait péniblement dans son dos. Elle travaillait, il se taisait.

La sensation le heurtait parfois aussi de plein fouet. À peine finissait-il de sourire ou de rire qu’une nouvelle émotion cette fois pénible et profonde s’entêtait à détruire son bonheur fugace.

C’était la peur. La peur de tout perdre, ou plus simplement de ne plus atteindre celle qu’il aimait tel qu’il existait au moment où il la quittait.

Elle pensait qu’il en faisait vraiment un peu trop avec son vague à l’âme. Une marée banale qui revenait comme la vraie sur les étendues boueuses de fausse-eau. Ça sentait un peu mauvais tout ça. Elle levait les bras au ciel. Il la contemplait. Elle avançait toujours, agitée par mille petites activités plus importantes les unes que les autres, insignifiantes à ses propres yeux, lui qui n’y comprenait rien.

La suivant dans son innocent sillage, il s’était demandé ce qui pouvait encore le retenir et lui faire emprunter de façon constante la route qui le menait à elle.

Alors qu’il la rejoignait, une dizaine de canetons s’étaient glissés dans la mare et un héron cendré dérangé par sa présence avait pris son envol et entamé une courbe plane au-dessus des étangs, attendant de pouvoir revenir à son liteau.

Il s’était remis en marche puis avait de nouveau stoppé. Au milieu du chemin, un énorme lièvre se prélassait à humer les odeurs de printemps. Il avait bien dû patienter cinq minutes avant que ce dernier se décide à soulever son gros derrière.

En arrivant, il lui avait tout raconté et elle était partie chercher son appareil-photo, s’y était rendue sur la pointe des pieds, mais tout déjà avait disparu.
Ce matin, figé contre le mur, le chat de la voisine l'épiait.. Il ne l'avait pas vu et la bête l'observait alors qu’à genoux il l’aidait à fignoler son jardin de grand-mère..Elle avait désorganisé tout ce qu’il lui avait préparé la dernière fois qu’il était venu lui rendre visite. Elle se moquait bien de son travail à lui. Elle ne suivait que sa fantaisie. Quelques mèches de cheveux lui coupaient la joue comme deux virgules d’encre noire. Elle les écarta d’un geste rapide et deux traces de terre brune remplacèrent les virgules. Il approcha ses doigts et chassa l’humus friable.

Elle lui avoua que l’avant-veille, on l’avait de nouveau surveillée. Sentant une présence, elle avait relevé la tête et avait découvert un peu effarée, un petit chien noir à collier rouge assis sur son cul qui la regardait. Elle n’avait pu lui dire depuis combien de temps. Elle avait simplement poussé un cri. C’était étonnant, non ? Tout lui plaisait ici. Elle riait. Tant de vie et d’agitation, tant de bruit et de silence délicatement intercalés. Encore la veille, des escargots sur son vieux tour de maison... avec leur trace luminescente dans la nuit qui tombait. Qui pouvait vouloir renoncer à cela ?

Il se taisait. Il aurait aimé lui faire voir comment était son cœur. Il était tordu. Tordu à l’idée de la quitter une nouvelle fois, elle et son jardin anglais, un peu étrange, coupé de l’ailleurs douloureux.

 

 

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