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Vendredi 4 janvier 2008 5 04 /01 /Jan /2008 13:22

Le veilleur a tout entendu

Les corps qui s'agitent et tressautent

Les langues qui se lient et se délient

Les ventres qui se pressent et s'entrechoquent

Il a tout entendu

Les doigts qui se nouent et se dénouent

L'amour est là qui passe ou trépasse

Qui sait ?

Rupture

On frappe encore aux grands carreaux

La chouette veille

Encore une dernière fois

Les yeux se croisent et se décroisent

Ça chuinte à tout va dans les grands draps

Tapie dans un coin

Une dormeuse s'effiloche les pattes

Et d'un oeil navré continue de tisser sa toile

C'est la nuit.

7 août 2007-10-07

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Vendredi 4 janvier 2008 5 04 /01 /Jan /2008 13:22

Les grandes amoureuses, véritables journées de juin

Cachent dans leur sac de charmants petits carnets

Peinent à s'endormir et s'empressent d'accueillir chaque nouveau matin

 

On les voit au fil des rues qui relèvent tout ce qui pourrait être bon à croquer

 

Poètes maudits, au regard perdu vers d'improbables amers

Les grandes amoureuses n'ont de cesse de rêver à des hommes imaginaires

 

 

On les  trouve dans de drôle d'espaces virtuels

Où leurs ombres magnétiques perturbent les communications anodines

 

Les grandes amoureuses depuis longtemps ne comptent plus sur leurs doigts.

4 août 2007

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Vendredi 4 janvier 2008 5 04 /01 /Jan /2008 13:17

La chaleur est étouffante

Les journées trop longues, mon éloignée

-Endormie dans les bras de l'automne

Rayonnement joyeux de tes feuilles

Sans moi -

Les volets verts refermés

Abandonnés, les vélos se mettent à rouiller du noir

 

Dans la pénombre de la grange

Les grands oiseaux reprennent place

Nous maudissant de les avoir chassés un temps

Ils ébattent leurs plumes et prennent leurs quartiers

Blancheur du duvet qui filtre dans l'air et atterrit sur la terre brune

 

Ici tout est ocre et vert

Et différent….

 

Mon esprit divague et imagine leurs chuchotements outrés

Ulcérés de tant d'outrecuidance

N'en finissant pas de discourir sur notre passage

 

Ici, c'est la pluie de septembre qui s'amène

Les grands seaux d'eau dégoulinent sur les palmes

Mon coeur est broyé par l'absence

Mon éloignée me manque et je pleure

Destin futile que le mien qui s'enracine ailleurs

Je sais qu'elle m'attend

 

Au fond des longs placards les confitures vermeilles se taisent désormais

Et les bonbons si généreusement donnés à poignées s'ensuquent dans un profond sommeil

La porte de l'armoire ne s'ouvrira plus pour offrir ses torchons ou ses nappes de fête

 

Ici les nuits sont chaudes et bruyantes des climatiseurs qui glacent les peaux nues

Les corps qui veulent s'aimer doivent se protéger

Et les yeux habitués aux grandes fenêtres ouvertes

Doivent composer désormais avec les barreaux étouffeurs de coeurs

C'est un monde où tout s'oppose, mon adorée

Et nous sommes trop souvent du mauvais côté

 

Ici tout est ocre et vert

Et différent…..

 

 

12 août 2007

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Vendredi 4 janvier 2008 5 04 /01 /Jan /2008 13:17

Cinq doigts trop lourds d'avoir tant caressé

Délicatement pliés au creux de la toile

L'homme repose à mes côtés

 

Ses paupières violettes de soleil sont closes

Sa peau rugueuse et plissée raconte les voyages

Les longues traversées et les plongées profondes

 

Attentive et silencieuse j'observe les traces lumineuses

Corps en nage - nouveau né encore mal tempéré-

Je vois l'enfant des photographies qu'on m'a confiées

 

Les petits cheveux mouillés et le ventre si doux

Ses cuisses longues et minces, dures et volontaires

Sont ouvertes à la nuit qui vient de l'accueillir

 

Et m'a laissée seule à ses côtés abandonnée

Sentiment paradoxal

13 août 2007

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Vendredi 4 janvier 2008 5 04 /01 /Jan /2008 13:16

Je te lâche l'homme, lâche l'enfant

Les mots durs dans l'air

Journée lourde de chagrin

Acier douloureux

Qui perfore les membres

Humidité

Douceur du coton

Mille gouttelettes invisibles

Papier de soie qui m'enveloppe

Et me protègent

Et me demandent d'accepter

Et me demandent d'abandonner

Orage inquiétant qui tourne

Je te lâche l'homme, lâche l'enfant

Les mots qui meurent dans l'air

Journée inquiétante

Comme des bogues de châtaigniers

Au creux d'une paume enfantine

Les feuilles regardent et se taisent

Les braves bêtes aux yeux doux

Mâchouillent un brin, têtes pensives

Lobule de parachute.

14 août 2007

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Vendredi 4 janvier 2008 5 04 /01 /Jan /2008 13:15

Le silence a tout pris

Pulsion de l'encre

En attente

Le manque est là

Blanche et sans traces

                                                

Divagation des minutes en suspens

15 août 2007

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Vendredi 4 janvier 2008 5 04 /01 /Jan /2008 13:13

Les peurs sont au-delà des mots. Il n'est pas question de les quantifier. Elles vrillent les tripes et font vomir.

Il sait qu'elles dévastent tout et l'étourdissent jusqu'au vertige, yeux grands ouverts fixés sur le plafond de la chambre aux volets clos. Tantôt la même, tantôt une autre. La chambre. Les peurs. Il peut parfois les apprivoiser en se laissant envahir quelques heures, le temps d'en faire le tour. On lui a demandé de faire cela. Il l'a fait. Mais il n'a pas la force de les frapper à coups de poings… peut-être de points parfois seulement.

Mauvaises invitées, elles surgissent à pas d'heure et il n'ose leur montrer qu'il aimerait bien qu'elles se retirent car il a d'autres choses en tête. Pas de grandes choses, non, forcément, il n'est pas grand-chose non plus. Il aimerait juste vivre, et vivre avec, qu'on se le dise. Il ne raisonne pas ses peurs, et ce depuis longtemps. Il souffle, inspire et part en apnée. Ça dure ou ça ne dure pas. Vaincre ses peurs, il sait cela. Il sait aussi que certaines ne peuvent être vaincues. Les peurs produisent de la souffrance et ne sont pas forcément liées au sentiment d'amour. La souffrance liée aux peurs est une souffrance aiguë qui met à terre, littéralement. Il s'écroule, le corps abandonne, les muscles cèdent, le cerveau s'emballe comme un vieux moteur.

Les peurs sont endogènes et orphelines. Pour ne plus avoir peur on peut vouloir devenir fou. Border line.  Pas question des les comparer à celles des autres.

Indicibles, inaudibles, pudiques. Pas de débat d'idées, même s'il le voulait, il ne le pourrait.

18 août 2007

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Vendredi 4 janvier 2008 5 04 /01 /Jan /2008 13:12

Assourdissante musique que celle de mon coeur

Palpitations invisibles - légèrement arythmiques-

Qui pourraient alerter mon entourage

si elles le pouvaient

J'écoute attentive

L'homélie de celle qui me connaît et me dit de ralentir

Je suis sur mon erre

Ma vitesse me grise

J'hiverne depuis longtemps et ne saurait entreprendre un nouveau voyage

Ma coque est usée, mon navire fatigué

Les reflets de l'eau me cachent et me montrent paisible, visage lisse et sage

Loyauté

Pourtant je sais que je louvoie dans la noirceur de  mes eaux intérieures

Et cherche à la sonde vers où diriger mon frêle esquif.

La musique est tendue depuis trop de nuits

Tenuto

Je me retire au fond de ma bannette et me couche en dérive

Miroitement de la lune sur l'homme attentif.

 

18 août 2007-

 

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Vendredi 4 janvier 2008 5 04 /01 /Jan /2008 13:12

Quelques mots dans l'air de la page

Comme des traits indécents

- incandescents -

J'ai fermé les yeux pour ne pas lire

Gardes du corps

Flux tendus

Contractures

Tiges coupées de ma mémoire

 

Ramasse-miettes

De mon coeur abasourdi

 

Qui étions-nous derrière nos mots

Des gens du quotidien

Des pères et des mères

Des maris et des épouses

Des amants et des maîtresses

 

Parfois d'école

Souvent de passage

Parfois femmes

Peut-être oublié(e)s

Parfois énamouré(e)s

Souvent encombrant(e)s

Toujours en attente

 

Ecris moi un poème

Comme ça

Comme si de rien n'était

Comme une lettre à décacheter

Qui arriverait sans qu'on l'attende

 

Pas d'arrière cour

Pas de passé, que du présent

Pas de futur

Un cadeau rien que pour nous deux

 

Ramasse-miettes

De mon coeur bien en chair

Rembourré à l'amour des miens

Qui me supportent et me supportent

Qu'y pouvais-je .......

 Dans mes staminales pensées

Tiges coupées de ma mémoire

J'ai pensé très fort -oui-

Voilà c'en était fait

 

19 août 2007

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Vendredi 4 janvier 2008 5 04 /01 /Jan /2008 13:11

C'était il y a bien longtemps

 

Sur le pont des arts

Ils étaient deux

Deux de plus

Rien de plus

 

Les bancs glacés

Figés d'en avoir tant vu

Les regardaient

Se déplacer à pas comptés

Ça murmurait

Que ces deux là …

Bref, que ces deux là

N'iraient sûrement pas très loin

 

Sur le pont des arts

Ce soir là

L'amour ne passerait pas

Rien de plus

 

Une silhouette emmitouflée

Avait cherché  à glisser

Ses pas dans ceux de l'autre

Joues raidies de froid

Haleine chaude

Mais les corps tendus

S'étaient à peine frôlés

Bras dessus bras dessous

 

Sur le pont des arts

L'amour oublie parfois

Ses rendez-vous

Rien de plus

 

Un peu plus tôt

Deux livres échangés

Au fond d'un café

Dans un nuage de fumée

Les avaient conduits là

Presque immobiles et silencieux

Deux  inconnus

Vacillants dans le froid

 

 

Sur le pont des arts

Parfois

C'est juste une rencontre de trop

Rien de plus

 

Deux rames plus tard

Alors qu'il l'avait déjà remerciée

Et comptait poursuivre ailleurs

Elle était restée figée à attendre sur le quai

Un baiser qui n'avait pas été offert

Alors sage et soumise dans un dernier trait

Elle avait pirouetté sur son fil d'équilibriste

Et s'en était allée

 

Sur le pont des arts

Il avait dû s'en retourner souvent

Pendu à d'autres bras, cloué à d'autres bouches

Rien de plus

 

 

Sur le pont des arts

Elle n'est plus jamais allée

Et d'autres désormais

Lui en parlaient

 

 

C'était il y a bien longtemps

 

21 août 2007

 

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Vendredi 4 janvier 2008 5 04 /01 /Jan /2008 13:06

Il gratte, ronge et soupire

Rogne et brosse

L'oeil étourdi, le sourcil convexe

Cherche la trame qui ferait sourire

 

Grogne et ronge, tourne et respire

Etire, malaxe, pétrit

La page lisse

Qui s'étale à demi-mots

 

Il soupèse, suçote et retourne

Cire et ponce

La pensée effilochée

qui s'alanguit sur la table

 

 

Mots et idées au fond du cerveau

Mots et idées au fond du vieux sac

 

Les histoires se font tirer l'oreille

Il reste en attente au fond de la nuit

Le grand carnet s'ennuie

Et regarde la porte avec envie.

 

 

7 septembre 2007

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Vendredi 4 janvier 2008 5 04 /01 /Jan /2008 13:03

Mords le ventre, mords

Presse-toi contre celui que tu désires

Avant qu'à tout jamais la mort- ton bel amant - emporte

Et écoute naître le venin du plaisir

 

Pince le ventre, pince

Etire les fibres de l'attente

De l'ophidie barbue qui prend la fuite

Et écarte les chairs secouées par le doux fouet

 

Ouvre le ventre, ouvre

Les vannes à l'odeur de menthe

Les mains salées qui ensorcellent et se faufilent

Et respire la peau sucrée qui s'abandonne

 

Chante le ventre, chante

Entonne l'ode à la vie puis celle à l'amour

Et sous le bruit répété de nos charivaris

Fond enfin le verre pilé de nos vies.

 

23 septembre 07

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Vendredi 4 janvier 2008 5 04 /01 /Jan /2008 12:59

Dans la pénombre de la chambre on n'entend que le bruit du petit tabouret de bois qui se déplace par moment. Quatre  pieds minuscules soutiennent la ronde et épaisse tranche coupée à même le tronc, qui supporte sans broncher le corps massif de la masseuse.

Elle est assise au niveau du sol. Ses formes voluptueuses de femme africaine débordent de part et d'autre du trop petit support traditionnel.

Sur le lit, la mère et l'enfant sont blottis et le nouveau-né continue à se nourrir alors que sur le corps de la mère, les mains expertes tentent de dénouer, une fois encore, par de savants pétrissages issus d'un savoir ancestral, le corps tendu qui lui est offert.

Yeux mi-clos, la mère se laisse envahir par les sentiments si étranges que lui procurent tout à la fois, la succion mécanique de l'enfant et les mains qui palpent et aspirent la chair encore douloureuse du corps qui vient de donner la vie.

Le souffle de l'enfant, à peine perceptible, vient se nicher par intermittence au creux des seins lourds, doigts de la main droite finement agrippés à ceux de la mère, main gauche recroquevillée contre la rondeur généreuse de la courbe.

Une illusion d'optique donnerait à un observateur invisible l'impression erronée que le sein de la mère est plus gros que la tête de l'enfant.

Il est tard, la nuit est tombée. Voici que la porte de chambre s'ouvre et qu'un autre enfant, à peine âgé de trois ans, entre et vient se blottir à son tour contre le dos nu et déjà huilé de la mère. Il glisse sa petite main sous le bras protecteur. Ce sont alors les petits cheveux qui chatouillent  et la bouche sucrée qui se colle contre la nuque alors que le ventre cherche à s'imbriquer dans la cambrure du dos.

Les mains apaisantes continuent leur besogne et par jeu se mettent à frôler tantôt la hanche de la mère, tantôt le dos du jeune enfant qui s'abandonne alors au double plaisir, celui de la caresse et celui d'être aussi proche du corps aimé que ne le permet la matière.

Un souffle au creux de la poitrine, un souffle dans la nuque. Sous la pression de l'un et de l'autre, la mère soudain, se sent enserrée dans un étau qui la submerge et la fait vaciller. Elle ferme alors les yeux et chavire de plein gré dans ce bonheur que procure le fait d'être si généreusement et surtout si inconditionnellement aimée. Son cœur s'arrête de battre. Un bref instant tout est suspendu.  Saisie, elle écoute, interdite ce qui arrive, là.

La scène vivante se fige en tableau.

Puis la vie reprend son cours. Epuisés, tous trois s'endorment et la porte se referme sur le départ de la masseuse expérimentée.

Elle seule sait, la fragilité de cette union - vieille comme le monde - d'une mère et ses enfants.

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