Jeudi 20 janvier 2011 4 20 /01 /Jan /2011 12:32

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Ça fait trop longtemps que je tourne en rond ici. Pas de nouveaux mots. Pas de nouvelles formes. Rien de rien. Vide. Je suis désespérément vide. Je m'en vais hiberner.



Jacques Prévert a écrit « Il faudrait essayer d'être heureux, ne serait-ce que pour donner l'exemple. »

Je trouve ça très bien moi !

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Mercredi 12 janvier 2011 3 12 /01 /Jan /2011 23:52



Je viens de tomber. En voulant me rendre au petit coin, j’ai glissé. Ce corps autrefois si fidèle, et discipliné, voilà qu’il me lâche. Jour après jour, nuit après nuit, c’est une multitude de petits signes qui annoncent ma fin prochaine. J’en suis réduite à concevoir mille ruses pour que rien ne transparaisse. Je veux rester chez moi alors je me traîne sur le parquet. De toute façon impossible d’atteindre le téléphone et puis c’est à peine si je peux en discerner les chiffres. A quoi bon. De mes doigts crochus, rongés par l’arthrose, je saisis maladroitement la couverture qui a glissé le long du gros couvre-lit de satin rouge. Je tire de toutes mes forces et me recouvre. Pauvre dépouille tremblotante, vieille pomme anéantie par les contingences. Il est quatre heures du matin. J’ai froid. Je suis mouillée, là, entre les jambes. Pourtant, je ne touche pas au petit boitier suspendu autour de mon cou. J’ai toute ma tête et je sais ce que je risque. Je m’interdis d’agripper le petit cordon de coton. Tortillon maladroit de vieux bouts de ficelle que j’ai moi-même confectionné. A bout d’arguments. Déclencher l’alarme c’est faire acte de reddition et reconnaître que je ne peux plus vivre seule chez moi. Pourtant cette maison est mienne. J’y suis née. Ma mère avant moi, sa mère avant elle. Enfermée dans mes murs. Mes doubles et triples verrous tirés. On ne sait jamais. Je suis reliée au monde par ce seul instrument. Il est trop tôt. Hors de question de réveiller quiconque. Alors, comme une enfant abandonnée, je laisse aller mon front poisseux de sueur contre la douceur du tissu. Rouge satin. Couleur de la vie, douceur de l’amour. Mon corps endolori geint en silence dans la presqu’obscurité de la chambre. Le temps se fige. Entre deux assoupissements, il me revient des images. La chambre s’illumine. Une grande galette de tarte plantée au milieu du lit. Ça sent bon l’odeur des pommes cuites à peine sorties du four. Contre mes flancs généreux de mère comblée, mes enfants sont blottis, tête bêche, attendant que l’homme au grand couteau découpe les parts. Il y a des rires étouffés. Les mains s’agrippent, les cuisses se touchent et sous les couvertures, quelques pieds égarés, amoureux, s’entremêlent. La tarte est avalée en un rien de temps. Demain, il y aura des miettes. Ça râlera.

Mon cœur se gonfle. Je souris.




Mardi 8 avril 08

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Vendredi 20 novembre 2009 5 20 /11 /Nov /2009 19:09



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La nature se maintient retournée comme un gant et reste repliée sur elle-même. Le printemps se fait attendre Il est presque six heures. Un chien aboie. Les branches chevrotantes des rosiers abandonnés semblent me faire des signes désespérés. Je détourne le regard. On a oublié de les couper. J’y remédierai demain. Mon esprit vagabonde et se perd dans les mottes légèrement jaunies qui vallonnent la terre grumeleuse de cette fin d’hiver. Au-dessus du sol  jonché de feuilles mortes, quelques volées sombres zèbrent soudain l’empan de ma fenêtre. Je lève la tête. Je suis les courbes sinusoïdales. Parfois,  les mouettes s’appuient sur l’air glacial et percutent le ciel de plein fouet. Elles seules savent où elles vont. La tempête est annoncée pour demain. Les oiseaux rentrent en terres.

Au haut du jeune platane, des dizaines de sphères rugueuses, akènes tremblotants, sont comme autant de lumières éteintes. Je refuse de lui couper la tête. Nous sommes en période de paix et j’ai décidé qu’il pouvait prendre toute la place. Nous ne sommes pas éternels. Ceux qui viendront ici après nous feront leurs propres affaires. Je souris. Les taupes ont fait du jardin leur champ de bataille. Combien ont pointé leur museau crénelé de terreau pour savoir si nous étions rentrés ?

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Vendredi 20 novembre 2009 5 20 /11 /Nov /2009 19:00



Au hasard des rues encombrées

Apparaissent poussés par le vent

Les arnaqueurs aux lèvres rouges

Souliers vernis, paroles fines

Et crêpes de dentelle crème...

 

Accaparant les beaux trottoirs

En pensées des plus invisibles

Paupières à demi fermées

Ils confient leurs mots parfumés

Au clair-obscur de leur esprit.

 

On les voit marcher, tête basse

Verbe altier, fouettant les hauts murs

De leurs longs doigts gantés de frais

Fin gilet de peau entr’ouvert

Superbes et suaves tueurs.

 
Mollesse de l’âme, cœurs compacts

Aux faibles épaules affaissées

Un énorme scrupule iridescent

Leur tient de bouton de cravate

Tableau ravissant…

Ils sourient.

 


15 juin 09

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Vendredi 20 novembre 2009 5 20 /11 /Nov /2009 14:51


 


- Fais-moi la courte échelle, murmura l’enfant.

L’homme s’abaissa légèrement et entrecroisa ses paumes ouvertes. L’enfant l’agrippa par le cou et se hissa d’un seul mouvement léger vers la trappe percée au milieu du plafond. L’homme avait tendu les bras pour guider son effort. Le visage crispé par la tension, sa barbe grise le fit soudain paraître encore plus vieux.

- C’est bon, j’y suis, dit l’enfant dans un souffle. À demain !

Accompagnant ses derniers mots, il saisit le panneau de bois et le fit glisser doucement sur l’ouverture. Il accomplissait exactement ce qu’on lui avait demandé de faire.

De nouveau le silence emplit la pièce. L’homme leva la tête vers les vieilles poutres puis tourna les talons et les épaules affaissées, il sortit.

Sur le palier, sa main hésita au moment où elle lâchait la poignée de porcelaine gravée de bleu hollandais. Il s’éloigna comme à regret et descendit l’escalier d’un pas lourd.

Elle n’allait pas tarder à rentrer. Il lui fallait faire vite, ils avaient perdu un peu de temps aujourd’hui.

D’un rapide coup d’œil, il examina méticuleusement la cuisine et découvrit un crayon de couleur qui avait roulé au pied du réfrigérateur. Il s’empressa de le ramasser et le glissa consciencieusement dans le tiroir du vieux bahut. Son nez délicat, malgré la ronde des années, percevait encore l’odeur tendre de l’enfant, sa peau de crème et cette douceur laiteuse si particulière à qui aime embrasser dans le cou. Il fouilla dans le placard au-dessus de la gazinière et entreprit d’effacer les derniers effluves avec le spray artificiel. Les battements de son cœur avaient légèrement accéléré.

A dix-huit heures, il entendit le moteur qui s’engageait dans la cour. Cinq minutes à peine et elle ouvrait la porte en grand. Le froid s’engouffra et l’homme ne put retenir un frisson.

Tout en jetant son sac d’un mouvement violent sur la grande table, elle demanda :

- Alors, abruti, tu as encore passé ta journée à ne rien faire ? J’espère que le gosse s’est tenu tranquille et que tu n’es pas allé l’embêter. De toute façon, ça va pas durer, j’ai trouvé un moyen pour m’en débarrasser. Manquerait plus que les pouvoirs publics viennent mettre leur nez dans nos affaires ! je t’avais dit de t’retenir ! j’’avais dit que j’en voulais pas de moutard !

L’homme se contenta de baisser la tête.

 

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Jeudi 19 novembre 2009 4 19 /11 /Nov /2009 15:00
J’ai du retard. Elle en a aussi. Ça tombe bien. Un jour, une autre fois, une autre histoire. Le ciel est bleu et haut, clair et précieux. Dans l’azur liquide, les bras blancs des statues crèvent les yeux. Il fait un froid de canard. Je rejoins rapidement le bassin. Peu de monde. Les chaises dans lesquelles on s’allonge parfois pour faire semblant de lire sont là. J’en tire une sans peine. J’ai longtemps cherché où je pourrais m’en procurer de semblables. Inclinées, juste ce qu’il faut pour permettre au lecteur de se glisser dans son texte, juste un peu engourdi par le confort, suffisamment en éveil pour ne pas s’endormir ou disparaître derrière l’ouvrage. Je m’installe. Et puis je me lève. Non, décidément, je ne pourrai pas lire. Et puis si elle arrivait sans que je la voie, j’aurais sûrement l’air cruche à ainsi essayer de m’extirper de mon fauteuil de métal. Je reprends ma marche. Je dois avoir l’air de quelqu’une qui ne sait pas quoi faire de ses deux jambes. Mon cœur bat un peu plus vite.

Et si elle apparaissait avant que je n’aie trouvé une attitude propice à notre rencontre ? Les chaises élémentaires ne me conviennent pas. Je repère un autre modèle. Un à accoudoirs. Oui, c’est ça, exactement cela qu’il me faut. Un peu confortable, mais pas trop et surtout à hauteur d’homme. Non, de femme. Je traine ma chaise-fauteuil près d’une chaise droite. Je me dis que si je laisse mon siège pour aller en chercher un identique, je risque bien de tout perdre. Qui va à la chasse... etc. Je m’assieds. Je m’installe. Cinq minutes et me voilà encore à me dire que je ne dois pas lui tourner le dos. Je me lève et déplace une nouvelle fois la chaise. ..........

 Je suis en planque. Je me dois d’avoir l’angle le plus large qu’il soit possible d'obtenir. Allez, je prends un air décidé. Soudain, je la sens. Sans mentir. Pas besoin. Mon regard balaie les jardins. Il voit tout ou presque tout. Il me suffit de battre des cils. Elle n’a pas le temps d’approcher du bassin que je l’ai déjà repérée. Longue silhouette. Cheveux de soie. Tout désormais devient facile. Je m’avance. Elle ne m’a pas encore aperçue. J’agite ma main, gant rouge, main chatoyante dans le gris du sol, dans le bleu du ciel. Comme si je l’avais toujours connue. Elle sourit. C’est une gamine dans un corps de femme. Manteau de clown et baskets de travailleuse, diseuse de mots, agitatrice de textes. Je la prends dans mes bras. Qu’aurais-je pu faire d’autre ? Comme c’est bon de sentir quelque chose, là, entre nous après tant de mois à se chatouiller de la plume.


à  suivre....
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Lundi 16 novembre 2009 1 16 /11 /Nov /2009 21:15



Mon amour à deux balles

Danse en riant devant mes sourcils froncés

Et d’une chiquenaude m’envoie valser

Sous la clarté de son chapiteau

 

En monsieur Loyal de ma vie

Il sait traduire le silence des gradins

Et désamorcer mes colères d’homme-canon

 

Quand les lampions enfin s’éteignent

Il devient le clown de mes nuits

L’artificier de mes émois

L’équilibriste de ma vie dents de scie

 

Dans l’entonnoir de mes oreilles

Une nuit il a soufflé des bulles claires

où j’ai pu lire qu’à tout jamais il m’aimerait

Danseuse, femme-tronc ou barbue femelle

 

En magicien de pacotille

Il sait l’art d’effacer les traces

Qui barbouillent la poudre blanche

De mes joues couleur chagrin

 

Jour après jour il lance ses balles

Devant l’enfant que je suis

A tout jamais illuminée par sa patience

Devant la ménagerie qu’est parfois ma vie.

 

                                                                                  16 septembre 2007

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Lundi 16 novembre 2009 1 16 /11 /Nov /2009 17:16

136

Clous métal et acier

Disparition des sentiments

Ravage au millième de seconde

Explosion d’une unique et sidérante pulsion

Archaïsme répétitif et lassant

Les âmes s’élèvent en troupeau

Encore interdites

Sous la poussée acide des chairs brûlées

Entêtement criminel

Aveugle qui croit voir la lumière

Ici et là

Maintenant et hier

Les cœurs implosent

Les mains implorent

L’orgueil est partout rampant

Péché originel

Déchirure dans l’espace étroit de nos carcans

Sans l’ombre d’une inique mansuétude divine.

 

19 octobre 2007

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Lundi 16 novembre 2009 1 16 /11 /Nov /2009 17:12



En attendant que je puisse vous donner un petit quelque chose à vous mettre sous la dent.. et comme j'ai vu que vous aviez apprécié les petites conversations - par tableaux intermédiaires- entre ma fille petite et moi-même  ... je vous donne à méditer le tableau de la semaine.











PS : La dentelle "pochée" TATI" au bas de la robe de mariée a été ajoutée par mes soins. Le référent est donc de taille en ces temps de pêche intense :  la célèbre robe de mariée de chez Tati en concurrence avec le sac en papier de chez Marc je ne sais qui...
Bien sûr la "mum" aurait dû changer de couleur mais elle n'avait pas de vert...
Notez que mon infante n'avait bien entendu pas la référence pour comprendre l'humour de sa mère d'où la question... (tati ?) à laquelle je me suis fait un devoir de répondre avec force signaux routiers.
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Lundi 16 novembre 2009 1 16 /11 /Nov /2009 17:00


J’aimerais vous parler de mon coach personnel.

J’ai rencontré Pierre alors que je passais une semaine de vacances dans une station balnéaire de la côte bretonne. J’avais choisi l’option fitness, détente et randonnée.

Quelques jours avant mon départ, je m’étais acheté un pantalon de coton noir. Un de ceux qu'on trouve si facilement dans les grandes surfaces de vêtements sportifs. Heureux présage, j’avais même réussi à dégoter la taille qui me convenait. Il faut avouer que quand on mesure à peine un mètre soixante, la longueur des jambes de pantalon vous pose toujours un sérieux problème. Un peu plus tard, ma chance s’était poursuivie au rayon tee-shirts et j’avais mis la main sur le top parfaitement coordonné, donc noir.

Je considère très sérieusement que le sport n’est pas une petite plaisanterie et qu’il faut le pratiquer dans des conditions optimales. J’ajoute que je passe mon temps à proclamer haut et fort que c’est la ligne qui fait le confort ! Pourquoi tant de femmes considèrent-elles les diktats de la mode comme absolument incontournables ? L'estéhtique ne devrait être qu'un critère secondaire. À mon âge, le noir, c’est vraiment ce qui se fait de mieux. Sobre, neutre, et efficace.

Pour les baskets, j’avais recyclé ceux de mon frère paralysé depuis un malencontreux accident de voiture. Lui et moi, ça fait un moment qu'on fait la paire. Au fur et à mesure que nous vieillissons, nous faisons quasiment la même taille. Du coup, ça me permet de faire de furieuses économies. Je lui emprunte ses pantalons, ses chemises et aussi parfois comme cette semaine-là, ses chaussures de sport. En vérité, je les ai quasiment accaparées, mais j’ai encore la politesse de les lui demander ! Lui ? il se contente de porter mes vieux pulls.

 

Cinq paires de chaussettes, une casquette publicitaire à visière fumée plastifiée et mon nécessaire de toilette (shampoing aux orties, brosse à dents et crème de jour) sont venus compléter la trousse à pharmacie (un tube de Biafine, un kit d’Aspivenin, du Dermophil indien, et une boîte de préservatifs dont j’avais soigneusement vérifié la date de péremption).

Le matin de notre rencontre, cela faisait deux jours qu’un soleil terrible accablait la petite promenade et je profitai d’une accalmie pour me lancer dans une randonnée pédestre niveau « une étoile ». Généralement, je suis plutôt casanière, mais, là, le vent ou l’absence de travail, que sais-je encore, m’avaient insufflé un énergie inouïe. Je me sentais revivre. Le séjour se révélait au-delà de mes espérances : des compagnes engageantes, une nourriture copieuse, une ambiance calme et détendue. Pour une personne comme moi, pourvue d’un esprit paisible et propice au recueillement, tout cela augurait un charmant repos en cette première quinzaine de mois d’août.   

 
 

[…] à suivre

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Lundi 16 novembre 2009 1 16 /11 /Nov /2009 07:35

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On est mercredi. Un jour d’automne quelque part. Une année de plus dans leur vie à tous les trois.

L’enfant lève les yeux anxieux et l’interroge : vous en avez parlé à quelqu’un ?

L’homme perd contenance et ne sait ce qu’il doit lui répondre.

Oui, il en parlé à quelqu’un. Deux jours avant. A elle. Parce ce que ça lui a semblé important d’en parler à une femme. Il ne sait pas trop ce qui l’a poussé à le faire. Il ne trouvait pas cela trop lourd à porter. Non, c’était juste intriguant pour lui. Alors il est allé vers elle, et il lui en a parlé. Elle a hoché la tête et elle a dit –je vois-. C’est tout.  La conversation s’est poursuivie dans l’aveuglement des murs silencieux.

L’enfant insiste. Dans son regard, soudain, l’homme comprend combien ce qu’il a pris somme toute pour une confidence- peut-être calculée- allez savoir avec les enfants, n'a plus rien d'anodin. Il sait qu’il doit le rassurer – là, tout de suite.

Il répond : Non, personne.

Sa réponse sonne faux, il le sent mais il affiche un visage presque serein. Il voit l’enfant se détendre et accepter de le croire, comme ça, parce qu’il est un homme, grand et plein de rigueur. Il est son professeur de mathématiques et dans les critères de l’enfant, on peut lui faire confiance. L’enfant satisfait repart.

Un peu plus tard, l’homme retourne la voir entre deux cours. Il comprend maintenant l’origine de la question de l’enfant. C’est à cause d’elle. Il découvre qu’elle est allée vers lui et  l’a informé qu’en tant que professeur principal, elle souhaitait lui parler de son travail.  C’est tout ce qu’elle a dit, de son travail, elle lui répète.

Entre deux portes, à mi-voix, on les voit qui chuchotent ce matin-là.

 

La mère si belle, si éduquée, si aimable. Une femme de l’Europe de l’est. Dynamique, séduisante, active. Polyglotte. L’enfant unique. Visage doux, frange sage qui repose sur les yeux francs et droits. L’enfant lui-même parle déjà trois langues, il n’a pas onze ans encore. Le français, il l’a appris en deux ans à peine et ne se débrouille pas si mal. Mais entre les voyages d’affaires de la mère et sa baba russe qui ne parle pas un mot de français, il a du mal à s’adapter à son entrée en 6°. Les résultats s’en font sentir. Les cahiers sont souvent oubliés, les exercices restent non faits. Quelques remarques ont fait leur apparition sur le carnet.

Alors il a prononcé les mots. Il était calme et constatait c’est tout.

Il a dit la douleur quand les doigts de la mère se referment sur son cou, le soulèvent et l’étouffent longtemps. Comme ça. Parce que le résultat escompté n’est pas arrivé, parce qu’une punition l’a remplacé. Il a répété qu’il était bien embêté, qu’il aimerait bien qu’on lui évite ça, désormais.

 

- Vous êtes sûr Monsieur, que vous ne l’avez dit à personne que ma mère elle est violente ? il reprend encore une fois ce jour-là.

 

L’enfant semble vouloir excuser cet inconvénient dans sa vie. Il sait que si ça se sait, ça va lui causer beaucoup plus de problèmes et il n’en a pas envie.

 

Alors qu’on entend la sonnerie qui retentit, ça chuchote encore entre les deux, dans ce couloir. On les entend à peine. Ils cherchent le mieux à faire pour l’enfant.

Le rassurer tout d’abord.

 

13 octobre 2007
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Lundi 16 novembre 2009 1 16 /11 /Nov /2009 07:00


Dans les ultimes vapeurs de nos haleines odorantes

Sous les marquises fanées du coton de nos nuits,

La porte claquée, le corps disparu, j’attends,

Dépression naturelle, profonde et abrupte

De nos amours si solidement emmêlés

Je frôle en permanence un gouffre étrange.

 

Aux bruits, aux cris et aux soupirs endormis

Voici que succèdent les longs silences

Et les innombrables petites misères de ma vie

Soudainement appauvrie.

 

Paralysie de ma douleur

Tueur de mes hémorragies

Te voici disparition

Dis, quand t’en reviens-tu ?


 24 octobre 2009

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Dimanche 15 novembre 2009 7 15 /11 /Nov /2009 20:07


Au fond de l'eau les corps attachés

 

Ont des pâleurs mortelles et semblent abandonnés

Nénuphars  parmi les poissons lune

Les yeux écarquillés, ils attendent patiemment

 

Dans l'abîme des profondeurs

Leur peau laiteuse picotée de points blancs

Mousse légèrement au fil des courants douçâtres

Qui traversent leurs univers secrets

 

 

Longtemps ils ont espéré les mains agiles et secourables

Aimables, discrètes et audacieuses

Seules capables de remonter en surface

Leurs corps déchirés devenus de plomb

 

Mais les coeurs légers, délivrés de tout soucis

Frémissent sous la chaleur qui les enveloppe

Et ont pour seule lumière

Les algues phosphorescentes devenues familières

 

Compagnons d'infortune

Les poissons des grands fonds

Accompagnent leurs derniers mouvements

Au rythme alangui par la pression

 

Dans la nuit du ballet insondable

Emmurées dans la chape indicible

Quelques taches de couleurs oubliées

Restent les uniques signes de leur vie antérieure.

 15 septembre 2007

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Dimanche 15 novembre 2009 7 15 /11 /Nov /2009 11:19
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Samedi 14 novembre 2009 6 14 /11 /Nov /2009 19:50



Voilà, ça fait dix jours que je tourne avec mon sac. Avant de partir, j’ai pris soin de bien le remplir. J’ai pas tout mélangé. J’ai formé des petits tas. Des petits tas de couleur. Je pensais aux robes de couleurs dans Peau d’Âne. Sauf que là,  c’était pas les couleurs du ciel ou de la lune, encore moins du soleil. Moi c’était les couleurs de pluie et puis aussi celles d’orage. Pluies d’hiver, pluies de naufrage. Grosses et lourdes, empoisonnées par les nitrates et les phosphates. Pluies acides qui tuent les arbres au haut des montagnes.

Ça fait dix jours que je tourne. Que je tourne avec mon sac. Mon gros sac de linge sale. Dedans c’est ma vie. Ma vie en gris, ma vie en noir. Du rose, y en a pas eu beaucoup. Dans mes yeux, les passants peuvent voir tout ce que je pense d’eux. En mal. Je suis comme ça. Pas drôle. J’ai trente ans et j’aime pas les gens. Je sais pas rire. J’ai pas appris. J’ai décidé que je voulais plus que ça dure toute cette lessive en attente au fond des placards. Alors j’ai pris la route. Je suis allée voir ma mère et je lui ai montrée tout ce qu’elle ne pouvait pas comprendre. Je suis allée voir mon père et je lui ai dit tout ce qu’il ne voulait pas entendre. Ma sœur, ça faisait longtemps que je l’avais pas vue. Elle n'en est pas encore revenue. Je passe et je dépose. Je passe et je balance. Mon frère aîné, je lui ai même jeté à la figure, le sac. Auparavant j’y avais glissé quelques pierres grises. Comme le petit poucet, mais en plus gros. Je dépose les abandons, les coups, les trahisons. Je dépose les mensonges, les hypocrisies, les défections. Je fais de la dépose en tout genre.  C’est simple et facile, je m’allège. Un sac et puis un autre, je me vide. Bientôt, dans mon sac, il n’y aura plus rien. Je pourrai sauter du pont sans me noyer. Je serai légère et je nagerai au bout de moi-même.

 

5 avril 08

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