Samedi 21 novembre 2009 6 21 /11 /2009 12:32

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Ça fait trop longtemps que je tourne en rond ici. Pas de nouveaux mots. Pas de nouvelles formes. Rien de rien.

Alors, je repars ailleurs. Je recommence. Une petite fuite de rien du tout.

Ne pas savoir qui me lit, ne pas savoir qu’on m’attend au tournant des mots... ne pas avoir peur..pouvoir dépasser les censures que je m'impose !


Arf ! En fait, ça sera peut-être cela ma liberté ?  Je pars pour écrire autrement, autre chose... sous un autre nom.

Si j’y arrive !

Je verrai bien !

Un gros merci à tous...et patati, et patata....

Tapotis, tapotas...

 

Vous me croiserez certainement !  Vous me reconnaîtrez aussi peut-être.... À cause des mots ?

Qu'importe...

Je laisse le blog. C’est une jolie trace de moi, je trouve.

De toute façon, c’est aussi un moyen pour suivre tous les blogs que j’aime et pouvoir les commenter sous Soleildebrousse !


Jacques Prévert a écrit « Il faudrait essayer d'être heureux, ne serait-ce que pour donner l'exemple. »

Je trouve ça très bien moi !

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Vendredi 20 novembre 2009 5 20 /11 /2009 18:36


J’aimerais vous parler de mon coach personnel.

J’ai rencontré Pierre alors que je passais une semaine de vacances dans une station balnéaire de la côte bretonne. J’avais choisi l’option fitness, détente et randonnée.

Quelques jours avant mon départ, je m’étais acheté un pantalon de coton noir. Un de ceux qu'on trouve si facilement dans les grandes surfaces de vêtements sportifs. Heureux présage, j’avais même réussi à dégoter la taille qui me convenait. Il faut avouer que quand on mesure à peine un mètre soixante, la longueur des jambes de pantalon vous pose toujours un sérieux problème. Un peu plus tard, ma chance s’était poursuivie au rayon tee-shirts et j’avais mis la main sur le top parfaitement coordonné, donc noir.

Je considère très sérieusement que le sport n’est pas une petite plaisanterie et qu’il faut le pratiquer dans des conditions optimales. J’ajoute que je passe mon temps à proclamer haut et fort que c’est la ligne qui fait le confort ! Pourquoi tant de femmes considèrent-elles les diktats de la mode comme absolument incontournables ? L'estéhtique ne devrait être qu'un critère secondaire. À mon âge, le noir, c’est vraiment ce qui se fait de mieux. Sobre, neutre, et efficace.

Pour les baskets, j’avais recyclé ceux de mon frère paralysé depuis un malencontreux accident de voiture. Lui et moi, ça fait un moment qu'on fait la paire. Au fur et à mesure que nous vieillissons, nous faisons quasiment la même taille. Du coup, ça me permet de faire de furieuses économies. Je lui emprunte ses pantalons, ses chemises et aussi parfois comme cette semaine-là, ses chaussures de sport. En vérité, je les ai quasiment accaparées, mais j’ai encore la politesse de les lui demander ! Lui ? il se contente de porter mes vieux pulls.

 

Cinq paires de chaussettes, une casquette publicitaire à visière fumée plastifiée et mon nécessaire de toilette (shampoing aux orties, brosse à dents et crème de jour) sont venus compléter la trousse à pharmacie (un tube de Biafine, un kit d’Aspivenin, du Dermophil indien, et une boîte de préservatifs dont j’avais soigneusement vérifié la date de péremption).

Le matin de notre rencontre, cela faisait deux jours qu’un soleil terrible accablait la petite promenade et je profitai d’une accalmie pour me lancer dans une randonnée pédestre niveau « une étoile ». Généralement, je suis plutôt casanière, mais, là, le vent ou l’absence de travail, que sais-je encore, m’avaient insufflé un énergie inouïe. Je me sentais revivre. Le séjour se révélait au-delà de mes espérances : des compagnes engageantes, une nourriture copieuse, une ambiance calme et détendue. Pour une personne comme moi, pourvue d’un esprit paisible et propice au recueillement, tout cela augurait un charmant repos en cette première quinzaine de mois d’août.   

 
 

[…] à suivre

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Mardi 17 novembre 2009 2 17 /11 /2009 23:52


Je viens de tomber. En voulant me rendre au petit coin, j’ai glissé. Ce corps autrefois si fidèle, et discipliné, voilà qu’il me lâche. Jour après jour, nuit après nuit, c’est une multitude de petits signes qui annoncent ma fin prochaine. J’en suis réduite à concevoir mille ruses pour que rien ne transparaisse. Je veux rester chez moi alors je me traîne sur le parquet. De toute façon impossible d’atteindre le téléphone et puis c’est à peine si je peux en discerner les chiffres. A quoi bon. De mes doigts crochus, rongés par l’arthrose, je saisis maladroitement la couverture qui a glissé le long du gros couvre-lit de satin rouge. Je tire de toutes mes forces et me recouvre. Pauvre dépouille tremblotante, vieille pomme anéantie par les contingences. Il est quatre heures du matin. J’ai froid. Je suis mouillée, là, entre les jambes. Pourtant, je ne touche pas au petit boitier suspendu autour de mon cou. J’ai toute ma tête et je sais ce que je risque. Je m’interdis d’agripper le petit cordon de coton. Tortillon maladroit de vieux bouts de ficelle que j’ai moi-même confectionné. A bout d’arguments. Déclencher l’alarme c’est faire acte de reddition et reconnaître que je ne peux plus vivre seule chez moi. Pourtant cette maison est mienne. J’y suis née. Ma mère avant moi, sa mère avant elle. Enfermée dans mes murs. Mes doubles et triples verrous tirés. On ne sait jamais. Je suis reliée au monde par ce seul instrument. Il est trop tôt. Hors de question de réveiller quiconque. Alors, comme une enfant abandonnée, je laisse aller mon front poisseux de sueur contre la douceur du tissu. Rouge satin. Couleur de la vie, douceur de l’amour. Mon corps endolori geint en silence dans la presqu’obscurité de la chambre. Le temps se fige. Entre deux assoupissements, il me revient des images. La chambre s’illumine. Une grande galette de tarte plantée au milieu du lit. Ça sent bon l’odeur des pommes cuites à peine sorties du four. Contre mes flancs généreux de mère comblée, mes enfants sont blottis, tête bêche, attendant que l’homme au grand couteau découpe les parts. Il y a des rires étouffés. Les mains s’agrippent, les cuisses se touchent et sous les couvertures, quelques pieds égarés, amoureux, s’entremêlent. La tarte est avalée en un rien de temps. Demain, il y aura des miettes. Ça râlera.

Mon cœur se gonfle. Je souris.




Mardi 8 avril 08
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Lundi 16 novembre 2009 1 16 /11 /2009 21:15



Mon amour à deux balles

Danse en riant devant mes sourcils froncés

Et d’une chiquenaude m’envoie valser

Sous la clarté de son chapiteau

 

En monsieur Loyal de ma vie

Il sait traduire le silence des gradins

Et désamorcer mes colères d’homme-canon

 

Quand les lampions enfin s’éteignent

Il devient le clown de mes nuits

L’artificier de mes émois

L’équilibriste de ma vie dents de scie

 

Dans l’entonnoir de mes oreilles

Une nuit il a soufflé des bulles claires

où j’ai pu lire qu’à tout jamais il m’aimerait

Danseuse, femme-tronc ou barbue femelle

 

En magicien de pacotille

Il sait l’art d’effacer les traces

Qui barbouillent la poudre blanche

De mes joues couleur chagrin

 

Jour après jour il lance ses balles

Devant l’enfant que je suis

A tout jamais illuminée par sa patience

Devant la ménagerie qu’est parfois ma vie.

 

                                                                                  16 septembre 2007

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Lundi 16 novembre 2009 1 16 /11 /2009 17:16

136

Clous métal et acier

Disparition des sentiments

Ravage au millième de seconde

Explosion d’une unique et sidérante pulsion

Archaïsme répétitif et lassant

Les âmes s’élèvent en troupeau

Encore interdites

Sous la poussée acide des chairs brûlées

Entêtement criminel

Aveugle qui croit voir la lumière

Ici et là

Maintenant et hier

Les cœurs implosent

Les mains implorent

L’orgueil est partout rampant

Péché originel

Déchirure dans l’espace étroit de nos carcans

Sans l’ombre d’une inique mansuétude divine.

 

19 octobre 2007

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Lundi 16 novembre 2009 1 16 /11 /2009 17:12



En attendant que je puisse vous donner un petit quelque chose à vous mettre sous la dent.. et comme j'ai vu que vous aviez apprécié les petites conversations - par tableaux intermédiaires- entre ma fille petite et moi-même  ... je vous donne à méditer le tableau de la semaine.











PS : La dentelle "pochée" TATI" au bas de la robe de mariée a été ajoutée par mes soins. Le référent est donc de taille en ces temps de pêche intense :  la célèbre robe de mariée de chez Tati en concurrence avec le sac en papier de chez Marc je ne sais qui...
Bien sûr la "mum" aurait dû changer de couleur mais elle n'avait pas de vert...
Notez que mon infante n'avait bien entendu pas la référence pour comprendre l'humour de sa mère d'où la question... (tati ?) à laquelle je me suis fait un devoir de répondre avec force signaux routiers.
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Lundi 16 novembre 2009 1 16 /11 /2009 07:35

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On est mercredi. Un jour d’automne quelque part. Une année de plus dans leur vie à tous les trois.

L’enfant lève les yeux anxieux et l’interroge : vous en avez parlé à quelqu’un ?

L’homme perd contenance et ne sait ce qu’il doit lui répondre.

Oui, il en parlé à quelqu’un. Deux jours avant. A elle. Parce ce que ça lui a semblé important d’en parler à une femme. Il ne sait pas trop ce qui l’a poussé à le faire. Il ne trouvait pas cela trop lourd à porter. Non, c’était juste intriguant pour lui. Alors il est allé vers elle, et il lui en a parlé. Elle a hoché la tête et elle a dit –je vois-. C’est tout.  La conversation s’est poursuivie dans l’aveuglement des murs silencieux.

L’enfant insiste. Dans son regard, soudain, l’homme comprend combien ce qu’il a pris somme toute pour une confidence- peut-être calculée- allez savoir avec les enfants, n'a plus rien d'anodin. Il sait qu’il doit le rassurer – là, tout de suite.

Il répond : Non, personne.

Sa réponse sonne faux, il le sent mais il affiche un visage presque serein. Il voit l’enfant se détendre et accepter de le croire, comme ça, parce qu’il est un homme, grand et plein de rigueur. Il est son professeur de mathématiques et dans les critères de l’enfant, on peut lui faire confiance. L’enfant satisfait repart.

Un peu plus tard, l’homme retourne la voir entre deux cours. Il comprend maintenant l’origine de la question de l’enfant. C’est à cause d’elle. Il découvre qu’elle est allée vers lui et  l’a informé qu’en tant que professeur principal, elle souhaitait lui parler de son travail.  C’est tout ce qu’elle a dit, de son travail, elle lui répète.

Entre deux portes, à mi-voix, on les voit qui chuchotent ce matin-là.

 

La mère si belle, si éduquée, si aimable. Une femme de l’Europe de l’est. Dynamique, séduisante, active. Polyglotte. L’enfant unique. Visage doux, frange sage qui repose sur les yeux francs et droits. L’enfant lui-même parle déjà trois langues, il n’a pas onze ans encore. Le français, il l’a appris en deux ans à peine et ne se débrouille pas si mal. Mais entre les voyages d’affaires de la mère et sa baba russe qui ne parle pas un mot de français, il a du mal à s’adapter à son entrée en 6°. Les résultats s’en font sentir. Les cahiers sont souvent oubliés, les exercices restent non faits. Quelques remarques ont fait leur apparition sur le carnet.

Alors il a prononcé les mots. Il était calme et constatait c’est tout.

Il a dit la douleur quand les doigts de la mère se referment sur son cou, le soulèvent et l’étouffent longtemps. Comme ça. Parce que le résultat escompté n’est pas arrivé, parce qu’une punition l’a remplacé. Il a répété qu’il était bien embêté, qu’il aimerait bien qu’on lui évite ça, désormais.

 

- Vous êtes sûr Monsieur, que vous ne l’avez dit à personne que ma mère elle est violente ? il reprend encore une fois ce jour-là.

 

L’enfant semble vouloir excuser cet inconvénient dans sa vie. Il sait que si ça se sait, ça va lui causer beaucoup plus de problèmes et il n’en a pas envie.

 

Alors qu’on entend la sonnerie qui retentit, ça chuchote encore entre les deux, dans ce couloir. On les entend à peine. Ils cherchent le mieux à faire pour l’enfant.

Le rassurer tout d’abord.

 

13 octobre 2007
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Lundi 16 novembre 2009 1 16 /11 /2009 07:00


Dans les ultimes vapeurs de nos haleines odorantes

Sous les marquises fanées du coton de nos nuits,

La porte claquée, le corps disparu, j’attends,

Dépression naturelle, profonde et abrupte

De nos amours si solidement emmêlés

Je frôle en permanence un gouffre étrange.

 

Aux bruits, aux cris et aux soupirs endormis

Voici que succèdent les longs silences

Et les innombrables petites misères de ma vie

Soudainement appauvrie.

 

Paralysie de ma douleur

Tueur de mes hémorragies

Te voici disparition

Dis, quand t’en reviens-tu ?


 24 octobre 2009

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Dimanche 15 novembre 2009 7 15 /11 /2009 20:07


Au fond de l'eau les corps attachés

 

Ont des pâleurs mortelles et semblent abandonnés

Nénuphars  parmi les poissons lune

Les yeux écarquillés, ils attendent patiemment

 

Dans l'abîme des profondeurs

Leur peau laiteuse picotée de points blancs

Mousse légèrement au fil des courants douçâtres

Qui traversent leurs univers secrets

 

 

Longtemps ils ont espéré les mains agiles et secourables

Aimables, discrètes et audacieuses

Seules capables de remonter en surface

Leurs corps déchirés devenus de plomb

 

Mais les coeurs légers, délivrés de tout soucis

Frémissent sous la chaleur qui les enveloppe

Et ont pour seule lumière

Les algues phosphorescentes devenues familières

 

Compagnons d'infortune

Les poissons des grands fonds

Accompagnent leurs derniers mouvements

Au rythme alangui par la pression

 

Dans la nuit du ballet insondable

Emmurées dans la chape indicible

Quelques taches de couleurs oubliées

Restent les uniques signes de leur vie antérieure.

 15 septembre 2007

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Dimanche 15 novembre 2009 7 15 /11 /2009 19:43



Au hasard des rues encombrées

Apparaissent poussés par le vent

Les arnaqueurs aux lèvres rouges

Souliers vernis, paroles fines

Et crêpes de dentelle crème...

 

Accaparant les beaux trottoirs

En pensées des plus invisibles

Paupières à demi fermées

Ils confient leurs mots parfumés

Au clair-obscur de leur esprit.

 

On les voit marcher, tête basse

Verbe altier, fouettant les hauts murs

De leurs longs doigts gantés de frais

Fin gilet de peau entr’ouvert

Superbes et suaves tueurs.

 
Mollesse de l’âme, cœurs compacts

Aux faibles épaules affaissées

Un énorme scrupule iridescent

Leur tient de bouton de cravate

Tableau ravissant…

Ils sourient.

 


15 juin 09

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Dimanche 15 novembre 2009 7 15 /11 /2009 11:19
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Samedi 14 novembre 2009 6 14 /11 /2009 19:50



Voilà, ça fait dix jours que je tourne avec mon sac. Avant de partir, j’ai pris soin de bien le remplir. J’ai pas tout mélangé. J’ai formé des petits tas. Des petits tas de couleur. Je pensais aux robes de couleurs dans Peau d’Âne. Sauf que là,  c’était pas les couleurs du ciel ou de la lune, encore moins du soleil. Moi c’était les couleurs de pluie et puis aussi celles d’orage. Pluies d’hiver, pluies de naufrage. Grosses et lourdes, empoisonnées par les nitrates et les phosphates. Pluies acides qui tuent les arbres au haut des montagnes.

Ça fait dix jours que je tourne. Que je tourne avec mon sac. Mon gros sac de linge sale. Dedans c’est ma vie. Ma vie en gris, ma vie en noir. Du rose, y en a pas eu beaucoup. Dans mes yeux, les passants peuvent voir tout ce que je pense d’eux. En mal. Je suis comme ça. Pas drôle. J’ai trente ans et j’aime pas les gens. Je sais pas rire. J’ai pas appris. J’ai décidé que je voulais plus que ça dure toute cette lessive en attente au fond des placards. Alors j’ai pris la route. Je suis allée voir ma mère et je lui ai montrée tout ce qu’elle ne pouvait pas comprendre. Je suis allée voir mon père et je lui ai dit tout ce qu’il ne voulait pas entendre. Ma sœur, ça faisait longtemps que je l’avais pas vue. Elle n'en est pas encore revenue. Je passe et je dépose. Je passe et je balance. Mon frère aîné, je lui ai même jeté à la figure, le sac. Auparavant j’y avais glissé quelques pierres grises. Comme le petit poucet, mais en plus gros. Je dépose les abandons, les coups, les trahisons. Je dépose les mensonges, les hypocrisies, les défections. Je fais de la dépose en tout genre.  C’est simple et facile, je m’allège. Un sac et puis un autre, je me vide. Bientôt, dans mon sac, il n’y aura plus rien. Je pourrai sauter du pont sans me noyer. Je serai légère et je nagerai au bout de moi-même.

 

5 avril 08

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Jeudi 12 novembre 2009 4 12 /11 /2009 19:44
destinée
Sur le carnet de Destinée, j’ai collé des images.
Destinée veut être une star de cinéma.
Elle me l’a dit l’autre jour.
Avant, elle voulait être scénariste.
Cette semaine, après trois ans, elle m’a donné son numéro de portable. Un grand pas. Je vais pouvoir lui envoyer des textos quand elle disparaîtra de nouveau.
Il me reste exactement six mois pour essayer de faire quelque chose.
Je ne vois aucun lien entre Destinée et moi. Pas plus qu’il n’y en a eu entre Bu. et moi.
Je suis une ombre lumineuse dans leur vie. Je me demande pourquoi j’ai tant besoin d’être sûre de faire quelque chose pour elles deux. Les autres, c’est facile. Je le sais. À de petits détails infimes. Aux sourires sur les photos. J’arrive toujours à les faire sourire. Les premières moues, je les balaie d’un revers de main. Souris-moi. Souris-moi, j’existe pour toi. Je suis là pour toi. Rien que pour toi, le temps de quelques semaines, de quelques mois. Ça dépend. Mon cœur se tape de l’un à l’autre. Ballon légèrement gonflé à l’hydrogène, je l’imagine qui virevolte dans l’espace, s’appesantissant à peine sur une de leur épaule.
Destinée veut être une star de cinéma.
Et moi qu’aurais-je aimé pour elle ?
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Mercredi 11 novembre 2009 3 11 /11 /2009 10:57

Est-ce si important de savoir si tu es à la fin ou pas de ta créativité ? ça veut dire quoi pour toi ? Est-ce un constat d'échec latent ou un constat que tu as accompli ce que tu avais à accomplir ? Je ne suis pas créatrice, je suis pourtant dans l'inventivité permanente, j'y crois beaucoup. Je travaille dans l'urgence souvent, je m'adapte aussi. En ce qui concerne l'écriture (seul point qui nous est commun), je n'ai jamais été une artiste, à peine un artisan. Donc, depuis que le vide s'est installé, j'attends paisiblement. Au début j'ai cru que je souffrais et puis je vois bien que non. C'est simplement, que c'est là à l'intérieur et que je n'ai pas la force de me mettre au travail.

Chaque année qui passe... nous relie d'une étape à l'autre. C'est quelque chose d'absolument incroyable cette possibilité que nous avons les humains à revenir en arrière, à contempler ce qui a été, ce qui n'est plus et les phases par lesquelles nous sommes passés. On voit les lignes noires épaisses, comme des artères de ce que nous sommes, chemins ineffaçables et puis toutes ces brumes colorées... roses, orangées... bleutées, etc... violette, pourpres... etc... qui ne sont désormais que des volutes. Certaines souffrances que l'on croyait à jamais plantées ont disparu, certaines joies que l'on nommait petites sont toujours là et brillent de mille feux.

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Mardi 3 novembre 2009 2 03 /11 /2009 17:26



Balustrades et bassins au jardin endormis

Ombre à peine entrevue,

Tu écrivais le vent, front concentré presqu’inquiétant.

 

Elle tendait l’oreille et des yeux alors te cherchait

Blottie contre les parois vertigineuses enserrant le vide

Intérieur nuit.

 

Anxieuse, elle écoutait y tomber les mots, tes mots

Et regardait étonnée

La cire confondue qui cachèterait ta page

Reflet

Mêmes maux

À égale distance

 

Tu écrivais la pluie, traçais des chemins, main hésitante

 

Elle restait, éblouie, anéantie par le vide qui l’aspirerait.

 

                                                                            14 février 08
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